Ananta n’a pas froid aux yeux. Le jeu vidéo développé par Naked Rain entend nous faire sauver le monde, devenir une star des réseaux sociaux, vivre plusieurs existences et explorer non pas une, mais deux immenses villes. Longtemps comparé à un “GTA version anime”, ce free to play veut aller beaucoup plus loin. Voici nos premières impressions après 60 minutes sur PC.
Lors de la gamescom, la rédaction de JV a pu explorer Ananta durant près d’une heure sur PC. Quatre séquences étaient proposées, entre introductions scénarisées et exploration libre de Nova City et Chongxiao. Nous avons également pu nous entretenir avec l’un des principaux cadres de l’équipe afin d’en apprendre davantage sur le projet.
Deviens viral et sauve le monde
La philosophie d’Ananta pourrait se résumer en une seule devise : "Deviens viral et sauve le monde". Le premier objectif place les réseaux sociaux au cœur de l’expérience. Missions accomplies, crises résolues et aventures vécues participent à accroître votre réputation ainsi que votre nombre d’abonnés. Cette influence virtuelle n’est pas là uniquement pour flatter l’ego des joueurs. Elle permet de rencontrer de nouvelles personnes, d’obtenir des ressources et surtout d’accéder à de nouvelles opportunités. Dans cet univers régi en partie par les algorithmes et la culture numérique, être populaire ouvre littéralement des portes.
Mais Ananta ne serait qu’un simulateur de vie urbaine survitaminé sans son deuxième pilier. Une force surnaturelle baptisée le Chaos frappe le monde et donne naissance à des créatures pour le moins singulières, dont un être à tête de tambour ou encore un camion-poubelle vivant. En tant qu’agent, il revient aux joueurs d’enquêter sur ces phénomènes, de découvrir la vérité derrière ces événements et surtout d’empêcher une catastrophe de grande ampleur. Le contraste entre quotidien décomplexé et menace occulte fonctionne étonnamment bien.
Et les développeurs ne s’arrêtent pas là. Ananta permet d’incarner plusieurs personnages et de passer de l’un à l’autre instantanément. Chacun possède sa propre personnalité, ses compétences, ses missions et ses occupations. Tous les PNJ ne sont pas jouables. Seule une poignée que vous pouvez recruter pour intégrer votre équipe d'agents le sont. Petit détail qui pourrait faire toute la différence : les personnages continuent leur routine lorsqu’ils ne sont pas contrôlés. Il devient alors possible de quitter un agent engagé dans une lutte surnaturelle pour retrouver un autre citoyen vivant tranquillement sa vie ou l'inverse.

Deux villes, plusieurs vies, 1001 opportunités
Ananta voit double avec Nova City et Chongxiao, deux mondes ouverts inspirés respectivement de Tokyo pour la première et de Shanghai/Hangzhou pour la seconde. Ces métropoles ne servent pas simplement de gigantesques terrains de jeu. Elles accueillent deux aventures et deux héros différents avant que les différentes trajectoires ne finissent éventuellement par se croiser. Sur le papier, cette structure permet à Naked Rain de multiplier les points de vue et de donner une véritable identité à chaque ville.
Et il y aura de quoi faire entre deux missions. Cinémas, restaurants, salles de mah-jong, arcades, cafés à chats, salles de sport ou encore boutiques de vêtements constituent autant d’activités destinées à donner vie à ces immenses cités. Notre session nous a également invités à trier du thé, lancer des anneaux ou participer à divers jeux de kermesse. Ajoutez à cela voitures, motos et une ribambelle de moyens de transport, et vous obtenez un monde ouvert qui a été pensé pour divertir en permanence les joueurs.
Visuellement parlant, Ananta nous a fait forte impression. Sa direction artistique mélange habilement esthétique "dessin animé japonais" et rendu réaliste, notamment pour ce qui est des éclairages, des textures ou encore des personnages qui se salissent. Les cinématiques ne sont pas en reste et donnent parfois l’impression d’assister à un véritable anime. Tout n’est pas encore parfait pour autant. Quelques bugs sont venus perturber notre session, mais rien de particulièrement inquiétant pour une version encore développement.

Des combats inspirés du cinéma hongkongais
Il est temps de chausser les gants et de monter sur le ring. Pour ce qui est des combats, Ananta s’inspire ouvertement des films d’action hongkongais et du kung-fu afin de proposer des affrontements rapides, chorégraphiés et surtout portés sur l’improvisation. Esquives et parades répondent présentes, mais c’est l’utilisation de l’environnement qui donne pour le moment tout son sel aux affrontements. Les objets du quotidien deviennent des armes et il est également possible de dérober celles des adversaires afin prendre l'avantage en plein combat.
Cette philosophie transforme ces séquences en ballets martiaux où tout ce qui traîne à portée de main peut servir à occire à les forces du chaos qui menace Nova City et Chongxiao. Et cette liberté d’action ne se limite pas aux seuls combats. Au cours de notre session, Ananta nous a régulièrement supris en proposant des courses-poursuites ou encore des duels face à des créatures gigantesques. Le jeu sait également lever le pied lorsque la situation l’exige, avec notamment des séquences plus posées faisant la part belle à l’infiltration et à la discrétion.

Ananta est un projet aussi fascinant qu’intimidant. Naked Rain veut réunir deux mondes ouverts, plusieurs personnages jouables, des activités à foison, une dimension sociale, des combats inspirés du cinéma hongkongais et une intrigue surnaturelle au sein d’un même free to play. Les premières sensations sont franchement prometteuses et les deux villes donnent envie de s’y perdre. Reste maintenant à transformer toutes ces excellentes idées en un ensemble cohérent. Ananta est ultra ambitieux… peut-être même un peu trop pour son propre bien.