Stranger Than Heaven n’est pas un nouveau jeu Yakuza, mais difficile de ne pas voir dans la prochaine création de RGG Studio l’héritier naturel de la saga. Plus réaliste, plus historique et visiblement plus grave, ce voyage criminel à travers le Japon du XXe siècle intrigue déjà.
Lors de la gamescom 2026, nous avons pu découvrir Stranger Than Heaven durant une session de 30 minutes consacrée à trois affrontements à la difficulté croissante. Ce premier contact nous a surtout permis de juger les combats et le rendu visuel. Pour le reste, il faudra patienter.
Des combats "terre à terre"
RGG Studio semble vouloir durcir le ton et calmer ses excès. Stranger Than Heaven conserve l’ADN bagarreur des précédentes productions du studio japonais, mais troque une partie de leur exubérance au profit d'affrontements plus lourds, plus posés et surtout plus punitifs. Makoto Daito ne virevolte pas au milieu de ses adversaires. Il frappe, bloque et attend l’ouverture avec une brutalité sèche et froide.
La grande nouveauté vient du contrôle séparé des deux bras. Chaque côté permet d’envoyer un coup rapide ou puissant, mais sert aussi à bloquer et parer une attaque à condition de choisir la bonne direction. Une défense réussie peut ouvrir la voie à un contre, tout comme une esquive exécutée dans le bon tempo. Sur le papier, le principe paraît simple. Manette en mains, il impose surtout de lire les mouvements de l’adversaire plutôt que de marteler les boutons.

Et la confiance se paie comptant. Le troisième combat, plus exigeant que les deux précédents, nous l’a rapidement rappelé : une erreur de timing ou une attaque lancée avec trop d’assurance suffit à faire mordre la poussière au héros. Les éléments du décor entrent également dans la danse, tandis que certains environnements semi-destructibles accentuent cette volonté de rendre les affrontements plus physiques. Stranger Than Heaven reste un jeu RGG Studio, mais le ton semble avoir changé. Dans ce Japon historique, chaque coup compte et le moindre excès de confiance se paie cash.
Un voyage dans le Japon du XXe siècle
L’autre grande ambition de Stranger Than Heaven tient dans son cadre historique. Le jeu raconte l’ascension de Makoto Daito, né aux États-Unis d’un père américain et d’une mère japonaise, qui rejoint clandestinement le Japon en 1915 après avoir perdu ses parents. Son parcours s’étend sur un demi siècle jusqu’en 1965, et raconte sa transformation d’immigrant sans attaches en figure majeure du milieu criminel.

Cinq périodes et cinq lieux sont annoncés. Toutefois, notre session n’en montrait que trois - Kokura en 1915, Kure en 1929 et Minami Osaka en 1943 - à travers une unique rue. C’était suffisant pour constater l’un des points forts du projet, à savoir sa reconstitution historique. Architecture, vêtements, enseignes et éclairages évoluent avec les décennies, donnant à chaque époque une identité propre.
Stranger Than Heaven profite une nouvelle fois du Dragon Engine, mais affiche un réalisme bien plus prononcé. Le soin apporté aux décors, aux éclairages et à l’animation donne une vraie présence aux rues, renforcée par des habitants qui réagissent aux événements et aux violences qui les entourent. De nuit, néons, fumée, lampadaires et chaussées humides composent des tableaux aux faux airs de film noir et donnent encore davantage de caractère à ce Japon du XXe siècle.

30 minutes ne suffisent pas à juger une fresque criminelle pensée sur un demi-siècle. Stranger Than Heaven a encore beaucoup à prouver, mais ce premier contact donne envie d'en savoir plus. Son approche plus terre à terre, la précision de ses affrontements et surtout cette plongée dans un Japon en pleine mutation donnent à l’ensemble une personnalité propre. Stranger Than Heaven prend des airs de renouveau tant attendu pour RGG Studio. Il faudra désormais voir jusqu’où Makoto Daito est prêt à aller pour se faire un nom.