Annoncé en grande pompe lors de la dernière Gamescom, LEGO Skylines ambitionne de marier le géant de la simulation urbaine à la plus célèbre des marques de briques colorées. Entre accessibilité immédiate, direction artistique acidulée et mécaniques bien pensées, j’ai pu prendre en main la beta durant plusieurs heures.
Pendant de nombreuses années, les jeux vidéo LEGO se sont essentiellement articulés autour de l'action, de l'aventure et de la plateforme bon enfant. Qu'il s'agisse de parcourir une galaxie lointaine, de protéger Gotham ou de lancer des sorts à l’aide d’une baguette, la formule rodée par TT Games a fait le bonheur de plusieurs générations de joueurs. Mais aujourd'hui, le géant de la brique danoise amorce un virage inédit et s'aventure là où on ne l'attendait pas forcément : le jeu de gestion pur et dur.
Pour opérer ce changement de cap, LEGO ne s'est pas entouré de n'importe qui, puisque le projet est en effet édité par Paradox Interactive, l'éditeur phare de la célèbre franchise Cities: Skylines, et confié aux mains d'Iceflake Studios (studio ayant prêté main-forte à Colossal Order sur les évolutions de Cities: Skylines II). Attendu sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch 2, LEGO Skylines n’a toujours pas de date de sortie officielle, mais m’a laissé l’approcher au travers d’un tutoriel et d’une sauvegarde plus avancée.
Du Master Builder à l'urbaniste : un tutoriel tout en douceur
Dès les premières minutes de prise en main, le titre impose sa patte de manière rafraîchissante. Avant toute chose, le joueur est invité à créer son Master Builder, l'avatar virtuel qui servira de relais direct au sein de la ville. Le choix est déjà généreux : de l'ouvrier de chantier classique à l'homme d'affaires distingué, en passant par un chevalier moyenâgeux (de nombreux autres personnages restant à débloquer au fil de la progression).


Une fois cette rapide personnalisation achevée et la cinématique d'introduction passée, nous voilà parachutés sur une petite île paisible où une famille de minifigures requiert d'urgence nos services pour leur bâtir une demeure. C'est ici que s'ouvre un tutoriel particulièrement didactique et accrocheur, que j’ai pu boucler en trois heures (ndlr. j’ai vraiment trifouillé la map). La personnalisation est immédiatement mise à l'honneur : pour chaque bâtiment, plusieurs styles architecturaux sont proposés. La maison de base bénéficie ainsi de 7 thèmes distincts, épaulés par une option randomiser pour les esprits indécis.
Mais attention : ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un jeu LEGO que les mécaniques manquent de profondeur ! Certes, on assemble des briques colorées dans une ambiance décontractée, mais les notions cruciales d'économie, d'énergie et d'écologie sont bel et bien au cœur de l'expérience. Si l'imagination est reine, le bien-être de la population reste la priorité absolue.
Les fondations du bonheur : circulation, travail et services
Dans LEGO Skylines, la planification routière est primordiale. Qu'il s'agisse de permettre à un citoyen d'aller acheter son donut à pied ou d'emmener les enfants à l'école quelques blocs plus loin, la circulation doit être fluide. La décoration joue également un rôle clé dans la valeur des quartiers : un environnement aménagé avec soin et logique accélère considérablement la progression et débloque un bonus d'attractivité.

Pour faire tourner la machine économique, vos habitants doivent travailler. L'exemple de la ferme est à ce titre révélateur : en plus de générer des revenus, elle produit des ressources brutes, indispensables pour alimenter les usines de transformation et les magasins/restaurants de la cité. Pour maximiser les rendements, il faudra veiller à implanter vos installations agricoles dans des zones propices à la culture.
Comme dans tout bon Cities: Skylines, un bâtiment ne peut fonctionner sans accès à l'eau et au réseau électrique. Mais LEGO apporte une simplification brillante : l'électricité et les réseaux s'étendent automatiquement le long des routes asphaltées ! Une mécanique fluide qui évite la corvée de tirage de câbles ou de tuyaux fastidieux.
Au-delà de ces besoins primaires, l'expérience de jeu est rythmée par les quêtes données directement par les villageois. Remplir ces objectifs permet de glaner des points d'expérience en tant que promoteur et de débloquer de nouvelles infrastructures. Pour maintenir un niveau de bien-être optimal, il faudra fournir à vos concitoyens des équipements culturels, scientifiques et sportifs, mais aussi du divertissement pur : cirques, festivals de musique ou terrains de mini-golf ! Des événements viennent également pimenter le quotidien, comme la gestion d'incendies par la brigade de pompiers ou des mini-quêtes burlesques (à l'image d'une course-poursuite après des poules en fuite dans le centre-ville).
Une profusion de systèmes et une carte géante
Une fois le tutoriel bouclé, la bêta m’a donné accès à une sauvegarde plus avancée afin de juger du potentiel à long terme. Et le constat est frappant : les possibilités de construction sont tout simplement colossales. On découvre alors une métropole tentaculaire regorgeant de bâtiments, de services avancés et d'entreprises inédites.

La carte semble s’être agrandie de manière dynamique au fil du développement. Grâce à un système de ponts, les différentes îles de l'archipel communiquent entre elles, permettant de structurer le territoire avec de véritables zones spécialisées : d'un côté de vastes espaces ruraux, de l'autre de gigantesques complexes industriels.
En examinant les panneaux de gestion, on mesure l'étendue des paramètres sous le contrôle du joueur :
- Citoyens : bonheur global, gestion des travailleurs et habitudes de consommation.
- Ressources : chaînes logistiques entre agriculture, usines de transformation et commerces.
- Infrastructures : gestion de l'électricité, distribution d'eau potable et traitement des eaux usées.
- Sécurité & Santé : couverture hospitalière, postes de police et casernes de pompiers.
- Éducation : garderies et écoles de différents niveaux.
- Déchets : centres de stockage, déchetteries et circuits de ramassage.
- Environnement & Attractivité : gestion de la pollution sonore, industrielle et score d'esthétique globale.
- Transports : régulation du trafic global et tracé des lignes de bus.
Cette première prise en main de LEGO Skylines s'avère particulièrement séduisante. Jouable très intuitivement au clavier/souris, le jeu charme d'emblée par son esthétique fidèle aux briques danoises, ses couleurs chatoyantes et sa ville grouillante de vie. Inscrit dans la mouvance très populaire des cosy games, le titre berce le joueur avec des musiques ultra-apaisantes et une prise en main très permissive. Durant ma session, je n’ai rencontré aucune difficulté punitive, ce qui semble en faire une excellente porte d'entrée pour les débutants dans l'univers des jeux de gestion. Tout reste clair, lisible et agréable, tout en reprenant la structure éprouvée d'un Cities: Skylines débarrassé de ses aspects les plus austères.