Rockstar abandonne une fonctionnalité de vie quotidienne dans GTA 6 pour préserver le plaisir de jeu

Titre original : GTA 6 était devenu beaucoup trop réaliste : Rockstar a finalement supprimé cette fonctionnalité du jeu

Jusqu’où faut-il pousser le réalisme dans un jeu vidéo ? Avec GTA 6, Rockstar semble avoir expérimenté de nombreuses idées pour rendre Leonida toujours plus crédible, quitte à finalement renoncer à certaines d’entre elles.

Depuis Red Dead Redemption 2, Rockstar Games semble poursuivre une véritable obsession : concevoir des mondes ouverts capables de donner l’impression de continuer à vivre indépendamment du joueur. GTA 6 entend pousser cette philosophie encore plus loin, avec des interactions plus nombreuses (on peut même caresser les chiens) et un quotidien beaucoup plus détaillé pour Jason et Lucia. Mais à vouloir reproduire la réalité jusque dans ses aspects les plus banals, le studio a fini par se heurter à une limite : tout ce qui est réaliste n’est pas forcément amusant à jouer.

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GTA 6 voulait vous envoyer faire les courses

Dans une interview accordée au média japonais Famitsu relayée par GamesRadar+, Rob Nelson, responsable du développement et codirecteur de Rockstar North, est revenu sur certaines des expérimentations réalisées pendant le développement. L’une d’entre elles transformait presque GTA 6 en simulateur de vie quotidienne : Jason et Lucia pouvaient se rendre dans des magasins pour acheter de la nourriture, la ramener chez eux et remplir leur réfrigérateur. Une mécanique qui aurait donc obligé le joueur à gérer lui-même ses provisions.

Crédits : GTA 4, Rockstar Games

GTA 6 était devenu beaucoup trop réaliste : Rockstar a finalement supprimé cette fonctionnalité du jeu

L’idée n’était d’ailleurs pas seulement évoquée en interne : Rockstar avait commencé à définir le fonctionnement des commerces proposant des produits alimentaires que les personnages auraient pu acheter puis stocker. Cette fonctionnalité aurait même fait partie du système de prise de poids des personnages, mécanique culte de GTA San Andreas ressuscitée pour cet opus. Mais le studio s’est finalement aperçu que cela risquait surtout de complexifier inutilement l’expérience, et a simplement décidé d’abandonner le réapprovisionnement du réfrigérateur (et de faire spawn des bouteilles).


Rockstar ne veut pas sacrifier le plaisir de jeu au réalisme

Ce choix illustre surtout l’équilibre délicat recherché par Rockstar. Rob Nelson explique que les développeurs cherchent constamment le juste milieu entre réalisme et facilité de jeu. Reproduire une action du quotidien ne suffit donc pas à justifier son existence : elle doit aussi avoir un intérêt dans le fonctionnement général du jeu. Le studio veut ainsi que les actions du joueur aient du sens, plutôt que d'accumuler des interactions uniquement destinées à renforcer l'impression de réalisme.

Cette philosophie apparaît également dans d’autres aspects de GTA 6. Rockstar explique notamment avoir travaillé pour conserver une interface aussi simple et discrète que possible malgré la quantité considérable de systèmes intégrés au monde ouvert. Une leçon héritée en partie de Red Dead Redemption 2 : rendre un univers crédible multiplie rapidement les interactions possibles, mais aussi le travail nécessaire pour que chacune ait de véritables conséquences.

GTA 6 était devenu beaucoup trop réaliste : Rockstar a finalement supprimé cette fonctionnalité du jeu

GTA 6 devrait donc rester extrêmement poussé dans sa simulation du quotidien, mais Rockstar semble avoir fixé une frontière : le réalisme doit renforcer l’immersion, pas transformer l’aventure de Jason et Lucia en liste de corvées. Les joueurs pourront visiblement consacrer leur argent et leur temps à des activités un peu plus palpitantes que d’aller racheter du lait avant de rentrer à la maison.