Les consoles portables PC se multiplient, et chaque marque cherche l’argument qui fera la différence. Celui d’Acer tient dans un clavier physique, caché dans le Project DualPlay Mini, une console 8 pouces dévoilée à l’IFA 2026. Un concept audacieux, mais pas sans zones d’ombre.
Il y a trois ans, le Steam Deck était à peu près seul sur son créneau. Aujourd'hui, le rayon déborde. ROG Ally, Lenovo Legion Go, et depuis cet été les premières machines sous puces Intel Arc G3, comme la MSI Claw 8 EX AI+ déjà vendue en France. Or, quand tout le monde propose peu ou prou la même recette, un écran de 7 ou 8 pouces coincé entre deux poignées, il faut bien trouver autre chose pour exister. Acer a donc misé sur un clavier.


Une console portable qui se transforme en mini-PC, comment ça marche ?
Fermé, le DualPlay Mini ressemble au Predator Atlas 8 dont il reprend la base. Deux sticks, une croix directionnelle, quatre boutons façon Xbox, deux gâchettes par épaule et deux boutons au dos. Rien qui ne dépayse un habitué du genre. Mais tout se joue à l'ouverture. La coque avant se rabat comme celle d'une DS et dévoile un mini-clavier rétroéclairé, pendant que l'écran pivote pour venir se placer en face. On se retrouve avec un petit netbook, écran 8 pouces et clavier compact.

Acer vend l'idée sur deux tableaux. Côté jeu, ce mode permet de lancer les titres qui se jouent mal à la manette, FPS et MOBA en tête, en ajoutant une souris Bluetooth. Côté travail, la marque parle de mails et de documents, avec un écran externe branché sur l'un des deux ports USB-C à l'arrière, dont un compatible Thunderbolt. Le refroidissement reprend le système à deux ventilateurs de l'Atlas 8, un en métal et un en plastique. Petite coquetterie, le dos porte l'inscription « Acer 50 since 1976 » en morse pour les cinquante ans de la marque.
Pourquoi le pari est risqué ?
D'abord parce qu'Acer ne dit presque rien. Pas de résolution d'écran, pas de mémoire, pas de batterie, pas de poids. Et surtout, aucune date ni aucun prix. Le communiqué allemand d'Acer est sans ambiguïté :
Il n'existe pas de plan concret de commercialisation, pas plus que d'informations sur les prix et la disponibilité.
Ce n'est pas anodin. Le premier Project DualPlay, un PC portable avec manette détachable dévoilé à l'IFA 2024, n'est jamais sorti. Ce Mini pourrait suivre le même chemin.

Ensuite parce que le format a ses limites. Les confrères qui l'ont pris en main à Berlin décrivent un clavier suffisant pour taper un mail, moins pour une journée de travail. Les sticks, eux, dépassent de la surface et gênent le placement des mains en mode clavier. Quant à la solidité de la charnière, sollicitée à chaque changement de mode, Acer a esquivé la question.
Enfin, il y a le prix. Le Predator Atlas 8, sur lequel il repose, est annoncé entre 999 et 1 499 € en France. Une charnière et un clavier en plus ne feront pas baisser la note. Face à un Steam Deck, l'écart risque de piquer.
Et pourquoi c'est quand même une bonne idée ?
Parce que le problème visé existe vraiment. Aujourd'hui, un joueur qui voyage doit choisir entre un PC portable gaming encombrant et une console qui ne sait rien faire d'autre. Le DualPlay Mini promet une seule machine dans le sac. Ceci étant dit, Acer n'invente pas le concept. GPD, Ayaneo ou OneXPlayer explorent cette voie depuis des années, souvent avec des claviers magnétiques ou coulissants. La différence, c'est que le mécanisme rabattable offre une base stable pour taper, et qu'une grande marque s'y met enfin.

Reste à savoir si Acer ira au bout. Le marché des consoles PC portables va continuer de grossir avec ou sans ce DualPlay Mini. Mais s'il sort un jour, avec un vrai prix et une vraie fiche technique, il pourrait bien être le premier à réconcilier la Switch et le PC portable dans un seul objet.