Alors que la PS5 vieillit et que son prix a augmenté, la stratégie de Sony évolue. À défaut de vouloir vendre plus de consoles, le PDG de Sony mise sur les services associés à la PlayStation pour générer plus de revenus.
Vendue 399€ à la sortie dans sa version la moins chère, la PS5 a vu son prix augmenter de 30% depuis 2020. En cause : la course à l’intelligence artificielle et la pénurie de composants informatiques qui ont mené à 3 augmentations du prix de la console. Dans ces conditions, on pourrait penser que Sony voudrait vendre le plus de consoles possibles pour compenser cette hausse des coûts de production. Toutefois, Hiroki Totoki, président-directeur général de Sony Group Corporation, s'est livré dans une interview au Wall Street Journal et n’a pas cette vision.
La vente de PS5 passe au second plan pour Sony
Le PDG de Sony est clair : la hausse des prix des composants est arrivée assez tard dans le cycle de vie de la console pour ne pas impacter les bénéfices. Avec un peu plus de 95 millions d’unités vendues, et une console qui arrive dans la seconde partie de sa vie, en vendre pléthore n’est plus la priorité de Sony :
Nous sommes dans la deuxième moitié du cycle de vie d’une console PS. Cela signifie que nous n’avons pas besoin de la vendre agressivement. Hiroki Totoki - PDG de Sony
Si la vente de machine n'est plus la priorité, c'est parce que les services associés à l'écosystème de la console prennent le relais. Le PS Plus rapporte gros à Sony qui ne sent alors pas obligé de brader sa console ou de la vendre à perte, comme c’est souvent le cas pour les constructeurs. En plus de ça, Sony tire une partie de ses revenus directement issus de la vente de jeux : 30% du prix revient à Sony pour les éditeurs tiers et quand c’est un jeu développé par Sony directement, ils récupèrent l’intégralité des revenus. La PS5 n’est pas la poule aux œufs d’or, ce sont les joueurs et Sony l’a compris.
125 millions d’utilisateurs, ça suffit pour Sony
Il est désormais plus simple pour Sony de se concentrer sur les 125 millions d’utilisateurs mensuels du PS Plus qui génèrent un revenu stratosphérique d’environ 1,25 milliards de dollars par mois (en prenant l’offre d'entrée PS Plus “Essentiel” à 9,99$). La suite s’annonce radieuse pour le constructeur japonais qui a un but très simple : monétiser la base actuelle de joueurs.
Le point de vue est compréhensible : ce sont des revenus récurrents très élevés qui ne baisseront sans doute jamais. Le jeu en ligne représente 70% des utilisateurs du PSN, soit quasiment 94 millions d’utilisateurs. Uniquement cette base de joueurs rapporte à Sony rapporte environ 940 millions de dollars à Sony, alors pourquoi ne pas capitaliser dessus ?

Bien que le positionnement soit assez clair, on peut regretter ne pas avoir eu plus d’informations dans cette interview sur la manière dont Sony va opérer dans les années à venir. Aucune explication n’est donnée sur cette fameuse monétisation des joueurs. Évidemment, l’arrêt du physique ou la PS6 n’ont pas été évoqués non plus. Reste à savoir si la grogne des joueurs face aux récentes décisions de Sony ne vont pas remettre ces plans en question.