Derrière les mondes ouverts gigantesques de l’univers Grand Theft Auto se cache une méthode de création bien particulière. Pour GTA 6, Rockstar a une nouvelle fois commencé son travail par une décision fondamentale, avant même de véritablement définir son histoire, ses personnages ou sa célèbre satire.
Treize ans après GTA 5, Rockstar s'apprête à faire découvrir aux joueurs un nouvel environnement avec GTA 6. Vice City est de retour, mais la métropole inspirée de Miami s'intègre désormais à Leonida, un État fictif directement inspiré de la Floride. Et si le choix de cette région paraît aujourd'hui indissociable de Jason, Lucia et de leur aventure, les choses se sont en réalité construites dans l'ordre inverse : chez Rockstar, tout commence par le monde dans lequel le joueur va évoluer.
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Avant l'histoire de GTA 6, Rockstar a d'abord choisi son monde
Interrogé par IGN, Rob Nelson, directeur du développement chez Rockstar Games et codirecteur de Rockstar North, a expliqué que la satire, pourtant emblématique de GTA, n'était pas le point de départ de la création d'un nouvel épisode. « Beaucoup de gens nous demandent comment nous réfléchissons à la satire et quel angle nous choisissons. Mais la satire n'est généralement pas la première chose à laquelle nous pensons, c'est quelque chose qui se développe », explique-t-il. La question initiale est beaucoup plus simple : « Où allons-nous situer le jeu ? ».Pour GTA 6, la réponse a été Miami et la Floride, transformées ensuite en Vice City et Leonida.
Crédits : Rockstar Games

Une fois cette première décision prise, Rockstar ne se contente cependant pas de travailler à partir de cartes, de photographies ou d'images trouvées en ligne. Les équipes se rendent directement sur place afin de s'immerger dans la région. Elles rencontrent des habitants et cherchent à déterminer les expériences que les joueurs pourraient y vivre, les endroits qu'ils devraient découvrir ou encore les profils de personnages susceptibles de peupler cet environnement. Le terrain devient ainsi une matière première dont découlent progressivement le monde fictif, ses habitants et les situations rencontrées pendant l'aventure.
Le monde donne ensuite naissance à la satire de Grand Theft Auto VI
Cette méthode permet aussi de comprendre pourquoi Rockstar ne commence pas par dresser une liste de sujets dont GTA 6 devra se moquer. La satire émerge progressivement de l'environnement et des personnes observées. Une précaution d'autant plus importante que le développement d'un GTA s'étale désormais sur de nombreuses années. Rob Nelson explique ainsi que le studio doit éviter de trop s'appuyer sur des phénomènes très ponctuels : un sujet politique extrêmement précis ou un mème populaire aujourd'hui pourrait sembler complètement dépassé au moment de la sortie du jeu.
Crédits : Rockstar Games

Une approche qui fait déjà débat chez les joueurs. Sur Reddit, certains apprécient justement le ton ressenti comme plus sérieux de GTA 6 et estiment que la satire politique et culturelle est aujourd'hui tellement rapide sur Internet qu'un jeu développé pendant des années pourrait difficilement rivaliser. D'autres craignent au contraire que Rockstar devienne trop prudent, voire que la série perde une partie du mordant qui faisait son identité. Un débat qui montre surtout l'ampleur du défi : reproduire une Floride immédiatement reconnaissable tout en la déformant suffisamment pour qu'elle reste digne de GTA.