La nouvelle saison de NBA reprend comme tous les ans en octobre. Mais un mois avant, c’est sa simulation virtuelle, incarnée par la licence NBA 2K, qui fait sa rentrée. Que vaut cette édition 2027 ? On vous fait un gros tour d’horizon dans notre Test complet !
Chaque mois de septembre ramène sa messe annuelle sur les parquet. Avec NBA 2K27, Visual Concepts et 2K Sports nous promettent une refonte majeure du jeu défensif et une profusion des modes disponibles. J'ai pu chausser une nouvelle fois mes baskets virtuelles sur PS5 Pro et PS5 pendant plusieurs dizaines d'heures. L'occasion de vérifier si ce nouvel opus réussit à concilier deux mondes, une simulation exigeante et un modèle économique agressif.
Un gameplay axé sur la défense qui sort enfin les coudes
Sur le terrain, l'amélioration souhaité et apporté au gameplay saute aux yeux dès les premières possessions. Les développeurs ont intégralement revu les mécaniques de défense, les contestations de tir et la défense bras levés, qui était un vrai problème dans les opus précédents. Jusqu'ici, être à proximité d'un attaquant suffisaient parfois à impacter sa réussite de façon très arbitraire, voir même carrément aléatoire. Désormais, le titre distingue clairement une simple présence physique d'une véritable contestation portée dans le bon timing. Un relooking complet du système de collisions prend en compte les attributs des joueurs lors des contacts, ce qui permet à un bon défenseur bien positionné de réellement provoquer des pertes de balle. Cela permet de donner une vraie dimension stratégique et impactante à nos actions défensives.

L'attaque ne joue pas les remplaçants pour autant. La palette offensive s'enrichit dans cet opus d'un nouveau moteur de double-pas dynamiques, de mouvements d'appuis retravaillés et d'une personnalisation des dribbles découpée en 29 actions distinctes. La vraie prouesse de cet épisode se trouve dans un équilibre retrouvé, avec l'agressivité offensive qui n'annihile plus l'impact défensif. Et ça honnêtement ça fait plaisir de ne pas se sentir impuissant quand on essai de stopper une action. En match classique à cinq contre cinq, l'IA tactique ajustée et les choix de prises à deux intelligentes offrent encore plus de possibilité et donne une simulation de basketball toujours plus crédible, rarement atteinte dans la franchise.

Petit bémol cependant concernant les timings de tir, ou ce que l'on appelle plus souvent le fait de "green" ses shoots. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, il s'agit de réussir à faire des tirs où le curseur de la jauge de shoot atteint la couleur verte, synonyme de tir excellent et donc d'un panier garanti. Dans cette nouvelle mouture, j'ai pu remarquer à plusieurs reprises que le timing des tirs devenait de plus en plus compliqué au fil des matchs, et ce, peu importe le niveau en tir extérieur ou à 3-points du joueur que l'on incarne. Ce qui peut vite devenir frustrant, d'autant plus que cette variation des timings de tir ne semble pas reposer sur l'endurance des joueurs ou sur l'impact défensif imposé par l'équipe adverse. Un problème qui pourrait bien être corrigé par de futures mises à jour ou qui ne se fera peut-être pas ressentir par tous les types de joueurs.

Un mode mon joueur toujours pas au niveau des attentes
Le constat est par contre bien plus mitigé pour le mode Ma CARRIÈRE, celui où vous pouvez créer votre propre joueur ou joueuse (via le mode WNBA "The W") pour suivre un mode histoire et profiter du monde ouvert nommé la Ville. La campagne scénarisée et baptisée "Fire & Concrete", qui met en scène le rappeur Vince Staples dans le rôle de Cam, s'étire sur 11 chapitres particulièrement indigestes que l'on cherche rapidement à passer pour rejoindre les parquets et tout simplement jouer. L'intrigue autour de notre personnage, MP, est clairement anecdotique et on se retrouve avec du déjà-vu qui ne donne pas vraiment l'envie de s'investir, même si on peut quand même noter l'effort qui a été fait avec la proposition d'une campagne.


Heureusement, la structure s'enrichit d'excellentes idées, comme notamment un mode Ma CARRIÈRE Co-Op inédit qui permet d'inviter un ami dans sa progression pour incarner Trace Miller, un coéquipier attitré qui évolue en parallèle, et rendre la progression beaucoup plus fun en étant à deux. Plusieurs objectifs vous demanderont par ailleurs de bien utiliser votre binôme et de jouer avec lui pour monter sa note de coéquipier ou ses statistiques. C'est un ajout plutôt sympa, mais qui ne transcande pas non plus l'expérience pour être tout à fait honnête, mais ça reste appréciable, d'autant plus que vous aurez l'occasion de le personnaliser au niveau de ses forces, son style de jeu et ses insignes.

Autre point toujours un peu problématique et inhérent à la série avec le mode Mon Joueur : la progression de l'avatar que l'on crée. Comme depuis des années maintenant, pour augmenter les statistiques de notre joueur, il faut dépenser des VC, une monnaie virtuelle que l'on peut récupérer en réalisant des actions en match, en gagnant des parties ou en réalisant des défis dans les différents modes. Le souci est toujours le même cette année : beaucoup d'utilisateurs passeront par la case boutique et payante pour améliorer rapidement leur joueur jusqu'à une note générale de 99. Ce qui rend l'ensemble des modes multijoueurs présents dans la Ville déséquilibré, puisque si vous êtes free-to-play, vous ne serez pas du tout sur le même pied d'égalité. Un point qui devrait totalement être repensé pour permettre à tout le monde d'être sur la même courbe d'évolution dans le mode Ma CARRIÈRE, du moins pour tout ce qui touche aux modes en ligne.


Des modes de jeu toujours plus généreux, mais à quel prix ?
Côté contenu, la proposition est tout simplement gigantesque. Le mode MyNBA reste la référence absolue des modes carrière pour gestionnaires. Cette année, plus de vingt ajustements majeurs intègrent les règles réelles du CBA américain, avec une gestion fine des contraintes de masse salariale (les Aprons), des contrats de dix jours et des transferts à quatre équipes. La grande nouveauté, MyNBA Legacy, propose d'incarner un joueur unique tout en gérant la franchise sur un siècle complet, oui oui on parle bien de 100 ans de jeu, transmettant même des traits génétiques aux générations futures au cours de votre siècle de carrière. Après est-ce vraiment utile ? Pas sur, mais ça a le mérite d'être présent pour les joueurs qui camperont NBA 2K27 toute l'année avant le prochain opus.


L'intégration des Ma CARRIÈRE Ères pour lancer sa trajectoire personnelle à travers cinq époques mythiques (1984, 1991, 2003, 2010 ou 2016) avec l'habillage télévisuel et les règles de l'époque. Une mixité totale sur les terrains de La Ville, où les joueuses et joueurs créés s'affrontent sur un même pied d'égalité, les performances étant dictées par le gabarit et les insignes plutôt que par le genre.
- Ère moderne : Commencer sur la saison 2026-2027
- Ère Stephen Cury : Période des années 2015 à 2020 domination des Golden State Warriors
- Ère LeBron James : Périodes des superteams avec les Miami Heat au début des années 2010
- Ère Kobe Bryant : Démarre en 2002 avec la période où les drafts étaient les plus denses
- Ère Michael Jordan : Débute en 1991 pendant la dynastie des Chicago Bulls imbattables
- Ère Magic vs Bird : En pleine Showtime dans les années 80 avec les premières stars de la NBA
Enfin pour terminer sur cette partie, comment ne pas mentionner le soin un peu plus poussé apporté à la WNBA (la ligue de basket féminine), qui prend de plus en plus de galon dans les titres NBA 2K. La WNBA connaît une excellente croissance auprès du public mondial depuis l'émergence de Caitlin Clark, la meneuse des Indiana Fever, et de nombreux autres talents, notamment français tels que Gabby Williams, Pauline Astier ou encore Carla Leite. Il est très appréciable de voir cette ligue être de plus en plus prise au sérieux, et cela se retranscrit plutôt bien dans ce NBA 2K27 avec un mode MyWNBA plutôt solide et la confirmation plus prononcée des cartes de joueuses dans le mode MyTEAM.

Une réalisation technique qui commence à stagner
Si l'ambiance des salles et les éclairages imposent toujours le respect, la technique globale stagne dangereusement, du moins à mon sens. Visuellement, NBA 2K27 n'offre plus le saut générationnel attendu sur des consoles de "nouvelles générations" qui ont déjà plus de 6 ans. J'ai vraiment un peu l'impression que la licence se repose trop sur ses acquis et attend potentiellement la PS6 et la prochaine Xbox pour proposer quelque chose de nouveau graphiquement. Je ne parlerai pas de la version PC que je n'ai pas pu essayer, notamment avec la mise à jour compatible DLSS 5, qui peut-être change grandement la donne, mais du côté des consoles, malheureusement, c'est décevant.

Les modélisations de certains joueurs historiques de la NBA manquent clairement de naturel, affichant des carnations et des expressions faciales plutôt étranges qui dénotent face à ce que d'autres productions proposées cette année. Il en va de même pour les joueuses qui se retrouvent en retrait à ce niveau-là, avec beaucoup de joueuses qui souffres de modèles 3D moins bien soignés.

Autre souci, le jeu dispose d'un système économique très agressif une fois en partie, comme l'atteste la présence des saisons déclinées en plusieurs niveaux de Pass saisonnier. Une fonctionnalité que j'aurais aimé voir moins présente ou développée... En ce qui concerne La Ville, l'une des grandes nouveautés de cet épisode, elle demeure un terrain de jeu exceptionnel sur le plan social et des activités proposées, mais elle continue d'être elle aussi gangrénée par l'agressivité des microtransactions et les abus du jeu en ligne, poussant à une course à la dépense pour faire évoluer son joueur afin de ne pas se retrouver dépassé par les autres utilisateurs, qui, eux, mettent souvent la main au porte-monnaie.

Côté MyTEAM, l'apparition de l'expérience de joueur (Player XP) constitue un ajout important, puisque la progression appartient désormais au compte du joueur et survit aux reventes aux enchères. Une très bonne initiative, mais malheureusement, le mode reste voué à succomber d'ici quelques mois à l'escalade incontrôlée des cartes trop puissantes (régis par le phénomène du "power creep") qui dénature le jeu de basket classique et qui forcera les joueurs à devoir sans cesse renouveler leur équipe pour ne pas se retrouver défavoriser une fois dans les modes en ligne.
Conclusion
Points forts
- Un gameplay toujours soigné où la défense retrouve enfin tout son sens
- Les contestations de tir et les collisions beaucoup plus réalistes
- Le mode MyNBA toujours au sommet des modes de gestion sportifs
- Les époques historiques géniales à parcourir dans le MyNBA Era
- Une variété de modes et une durée de vie colossales
- La continuité des améliorations apportées aux modes WNBA
- La Ma CARRIÈRE Co-Op, une vraie bonne idée à développer à l'avenir
Points faibles
- Des graphismes qui stagnent et des visages de joueuses ou légendes parfois ratés
- Les timings de tir à revoir pour diminuer la frustration en partie (surtout en ligne)
- La campagne scénarisée du mode Ma CARRIÈRE trop longue et peu intéressante
- La pression constante des microtransactions dans La Ville
- Le mode MyTEAM condamné à dériver au fil des mois à cause de l'aspect P2W
- L'interface et les menus du jeu sont trop fouillis ; on s'y perd facilement
Note de la rédaction
NBA 2K27 signe une excellente cuvée sur le strict plan du basketball pur. Grâce à un système défensif réhabilité et des collisions bien plus physiques, les matchs cinq contre cinq offrent des sensations exceptionnelles et la durée de vie du titre est tout simplement incalculable si on est fan. L'enveloppe reste malheureusement parasitée par une campagne scénarisée dispensable, des visuels qui plafonnent et une incitation trop présente des microtransactions dans La Ville. La proposition n'en demeure pas moins indispensable pour les passionnés de la balle orange.