Donald Trump utilise des jeux vidéo populaires pour promouvoir sa politique, suscitant des réactions de la part de leurs créateurs

Titre original : Donald Trump détourne l'un des jeux vidéo les plus célèbres au monde pour promouvoir sa politique, ses créateurs réagissent

Donald Trump semble avoir trouvé un nouveau terrain pour promouvoir sa politique : le jeu vidéo. Mais en reprenant les codes d’un monument du genre pour défendre l’une de ses mesures les plus emblématiques, la Maison-Blanche s’est attiré les foudres de ses ayants droit.

La Maison-Blanche s'est récemment dotée d'une section « Arcade » pour le moins inhabituelle. Plusieurs petits jeux directement accessibles depuis son site officiel y transforment les politiques de l'administration Trump en expériences vidéoludiques, de la lutte contre l'immigration au programme alimentaire « Make America Healthy Again ». Une initiative qui se veut ludique, mais qui pose désormais le problème de la propriété intellectuelle.

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Donald Trump transforme Tetris en jeu sur son mur avec le Mexique

Parmi ces jeux figurait notamment Build the Wall, littéralement « Construis le Mur », dont le principe ne laisse guère de doute sur sa principale source d'inspiration. Comme dans Tetris, le joueur doit déplacer et faire pivoter des blocs qui tombent depuis le haut de l'écran afin de les empiler. À une différence majeure près : ici, il ne s'agit surtout pas de compléter des lignes pour les faire disparaître, mais au contraire de construire un mur toujours plus haut. Celui-ci doit empêcher une horde de zombies de franchir une frontière explicitement désignée comme la « Southern Border » (frontière sud), référence évidente à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Une réinterprétation particulièrement ironique pour Tetris, dont le principe historique consiste justement à faire disparaître les murs de blocs plutôt qu'à les construire. The Tetris Company n'a d'ailleurs pas tardé à prendre ses distances avec l'initiative, et poser clairement ses limites. « Chez Tetris, nous croyons au pouvoir de la connexion et au rapprochement des gens, pas à leur division », a déclaré l'entreprise, avant de préciser qu'elle n'avait aucunement participé à la création de Build the Wall et qu'elle prenait « très au sérieux les violations du droit d'auteur ». L'entreprise a également indiqué examiner la situation. Depuis, la page officielle du jeu sur le site de la Maison-Blanche renvoie une erreur 404, sans qu'un lien entre cette disparition et la réaction de Tetris ait été établi à date.


Tetris est loin d'être la première œuvre récupérée sans l'accord de ses créateurs

Cette affaire s'inscrit surtout dans une stratégie bien plus large de l'administration Trump, qui multiplie les références à la culture populaire pour faire passer ses messages politiques. Halo en a récemment fait les frais : une vidéo de la Maison-Blanche consacrée aux frappes américaines en Iran utilisait notamment Master Chief et la voix de Steve Downes. L'acteur avait alors assuré n'avoir été ni consulté ni impliqué et avait exigé le retrait de sa voix. Ben Stiller et Dan Green, voix de Yugi dans Yu-Gi-Oh!, avaient eux aussi dénoncé l'utilisation de leurs œuvres dans cette même vidéo. Plus récemment encore, c'est le remake de Zelda Ocarina of Time qui a fait les frais de cette stratégie.

Le jeu vidéo n'est d'ailleurs qu'un terrain parmi d'autres. Le gouvernement américain a déjà repris Pokémon et son célèbre « Gotta Catch 'Em All » pour accompagner des images d'arrestations de migrants, tandis que Donald Trump traîne depuis ses campagnes électorales une longue histoire de conflits avec des artistes dont il utilise la musique. ABBA, Céline Dion, Beyoncé, les Foo Fighters ou encore les White Stripes ont notamment protesté contre l'utilisation de leurs morceaux. L'affaire est parfois allée plus loin : les ayants droit d'Isaac Hayes ont poursuivi Trump pour l'utilisation répétée de Hold On, I'm Coming, avant de parvenir à un accord en 2026.

Crédits : Alyssa Mercante, via Bluesky

Donald Trump détourne l'un des jeux vidéo les plus célèbres au monde pour promouvoir sa politique, ses créateurs réagissent

Et les protestations ne semblent pas devoir mettre un terme à cette stratégie. Interrogé sur ces détournements de références vidéoludiques et culturelles, le Department of Homeland Security (Département de la Sécurité Intérieure) avait déjà prévenu qu'il continuerait à aller chercher le public « là où il se trouve », que ce soit à travers Halo, Pokémon, Le Seigneur des Anneaux ou « n'importe quel autre média ».