Analyse de Marvel's Wolverine sur PS5 : Un blockbuster captivant mais avec des combats perfectibles

Titre original : Test du jeu Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ? sur PS5

Après trois jeux Spider-Man, Insomniac Games met l’araignée au placard et revient avec Marvel’s Wolverine. Un nouveau jeu de super-héros certes, mais très différent des aventures de Peter Parker et de Miles Morales. Bye bye le monde ouvert : ici, c’est un blockbuster linéaire dans la veine des Uncharted. Alors, est-ce qu’Insomniac marque le genre à grands coups de griffes ?

Blockbuster qui a du coeur

Déjà, Marvel’s Wolverine n’est pas une adaptation d’un ou plusieurs comics. Comme pour Spider-Man, Insomniac dégaine sa propre histoire : les X-Men n’existent pas et les mutants sont cachés au grand jour, parmi le reste de la population moldue. Le seul groupe de mutants qui s’affiche, c’est la Team X dont fait partie Wolverine. Il y a aussi Mystique, Dents-de-Sabre et Walter, un mec qui veut activer son gène X pour devenir un super. L’équipe a été montée par Nathaniel Essex (interprété par Troy Baker) afin de contrecarrer les plans de Bolivar Trask, un gars aux ressources illimitées qui veut éradiquer les mutants. De son côté, Logan retrouve le groupe après une absence prolongée. Il a perdu la mémoire mais doit quand même continuer le combat contre Trask.

L’un des grands enjeux de l’aventure, c’est donc de comprendre pourquoi Logan se souvient de rien… et surtout ce qu’il a oublié ! Et je dois dire que la réponse apportée par le jeu est franchement satisfaisante. Dans l’ensemble, j’ai d’ailleurs été agréablement surpris par le scénario et l’écriture de Marvel’s Wolverine. L’histoire m’a pas laissé bouche bée : on reste sur un blockbuster assez prévisible, mais je trouve qu’il y a quelque chose de très naturel et de finalement très engageant dans son déroulé. Il y a même quelques scènes très justes et poignantes. Et pour tout vous dire, j’étais à fond pour la dernière ligne droite. J’avais vraiment envie de savoir comment ça allait finir.

(Image capturée sur PS5 Pro)

Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?

Mais pour moi, la plus grande réussite du jeu en matière d’écriture c’est la relation entre Logan et Jean Grey. Ils se rencontrent dès la deuxième mission et c’est un peu l’amour au premier regard. C’est jamais gnangnan (à une ou deux exceptions près). Leurs échanges sont toujours authentiques, touchants. La VF est top, tout comme la performance capture qui permet d’avoir des expressions faciales crédibles et pleines de nuances. Puis je suis désolé, mais c’est mignon de voir un malabar comme Wolverine tomber amoureux. Ici, Insomniac joue complètement la carte du gros bourrin au grand cœur. C’est peut-être pas original mais ça marche.


Une vraie science du rythme

Avec entre autres sa narration, Marvel’s Wolverine s’inscrit complètement dans la formule type du blockbuster PlayStation : une écriture soignée, des graphismes impressionnants (on en parle plus bas), un va-et-vient constant entre de l’action hollywoodienne, un chouïa d’infiltration, des niveaux tantôt linéaires tantôt ouverts, des cut-scenes, sans oublier des séquences plus calmes où on va discuter avec certains personnages et consulter des journaux audio ainsi que divers documents.

Il y a clairement rien de révolutionnaire là-dedans, mais le résultat est là : sur la quinzaine d’heures qu’il m’a fallu pour terminer le jeu en prenant mon temps, je me suis jamais ennuyé. Il y a bien des moments que j’ai trouvés moins inspirés ou des combats qui m’ont un poil agacé voire frustré (on en parle plus bas aussi). Mais dans l’ensemble, j’ai trouvé ça vraiment efficace. Insomniac sait clairement renouveler et rythmer une aventure linéaire. Même les phases d’infiltration m’ont plu : elles sont super classiques mais on se sent tellement puissant qu’elles en deviennent agréables.

(Image capturée sur PS5)

Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?

Mon seul reproche au sujet du rythme, c’est les cauchemars. C'est des challenges annexes (de la plateforme, du combat) qui reviennent régulièrement dans l’aventure, parfois entre deux combats d'une même mission. Et si je trouve ça sympa pour se dégourdir les doigts dans une séquence chill, ça passe moins quand on sent qu’un climax arrive. Dans certains cas, on se demande un peu ce que ça fait là. En plus, c’est pas des séquences particulièrement inspirées ou intéressantes. Mais bon, le jeu en vaut la chandelle. Chaque fois qu’on termine un cauchemar, on découvre un épisode du passé de Logan sous la forme d’un petit texte à lire (ou à écouter, c'est doublé).

La cabane au fond du niveau :

Les différents cauchemars et niveaux de Marvel’s Wolverine sont accessibles depuis la cabane, une sorte de hub. Là, vous pouvez recommencer tous les défis et missions de l’aventure, à condition de les avoir débloqués (c’est pratique pour les collectables). Et tant qu’on parle de rejouabilité : à la fin du jeu, vous débloquez un mode New Game Plus.

Autre petit reproche : le jeu a du mal à communiquer la limite de ses zones ouvertes. On sait pas vraiment où grimper, ni même s'il y a un intérêt à explorer. Ça crée un effet étrange, on est un peu paumé. Mais c’est généralement l’occasion de trouver des collectables : des bouteilles de whisky, qui donnent au passage des brins d’adaptations (on en parle encore et toujours plus bas, vous devriez songer à lire que ce qui est en bas en fait) et des caisses de matériaux, afin d’acheter des tenues. Faire sa fashion victim permet d’augmenter la santé totale de Wolverine, mais sinon, c’est que du cosmétique. D’ailleurs, si vous vous posez la question, il y a une trentaine de tenues en tout.

(Image capturée sur PS5 Pro)

Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?

Des griefs contre les combats

Mais parlons d’un autre pilier de Marvel’s Wolverine : les combats. C’est le gros morceau du jeu côté gameplay et le résultat est plutôt bon : les sensations sont solides mais ça manque de matière. On est en gros sur la même philosophie que Spider-Man, c’est-à-dire qu’on va pas arrêter d’attaquer, d’esquiver, de parer et de bondir - de loin - sur nos ennemis, avec une caméra souvent légèrement au-dessus de l’action. Mais à la différence de l'homme-araignée, c’est moins acrobatique et on est plus est "collé" aux adversaires. C’est évidemment cohérent avec un personnage plus lourd, plus animal. On ressent d’ailleurs son poids manette en mains : merci la DualSense.

Donc en résumé, on est sur une palette de coups assez lente, assez limitée aussi, mais qui va mettre le paquet sur les impacts et la dimension viscérale. Et c'est ce qui sauve les combats selon moi : si le core gameplay de Wolverine tourne rapidement en rond, les parades et les capacités spéciales sonnent juste ; il y a une sorte de chope, le déferlement, où on spamme carré pour mettre le plus de coups possibles (c'est très plaisant) ; et il y a plein de finish pour exécuter nos adversaires dans un déluge de sang. En fait, les phases d'action sont tellement fluides et animales que ça en devient presque addictif. C’est aussi la foire aux objets destructibles dans le décor et on peut jouer avec la verticalité et avec le décor lui-même (pousser un ennemi dans la lave, l’empaler sur un transpalette).

Sinon, Insomniac a parfois la main lourde sur le nombre d’ennemis. Je me souviens de plusieurs moments vers la moitié du jeu où on est encerclés et où on n’a pas forcément les compétences adaptées. Ça crée un peu de frustration, mais ça s’arrange quand on récupère les skills en question.

(Image capturée sur PS5 Pro)

Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?
Que serait un blockbuster sans RPG ?

J’en profite pour parler rapidement de l’aspect RPG de Wolverine. RPG entre gros guillemets : on gagne de l’XP et des niveaux de façon assez artificielle - en jouant normalement en gros - afin d'acheter des compétences dans un menu très linéaire. On a plus de liberté pour les adaptations. C’est des buffs passifs. Il y a moyen de choper des bonus en fonction de notre style de jeu, si on préfère les parades, les capacités spéciales, les finish agressifs. Mais il y a clairement pas de quoi sauter au plafond.

Mais pour revenir au système de combat lui-même, ce que j’aime aussi, c’est le niveau de rage ! Chaque fois qu’on touche un adversaire, ça génère de la rage et ça remplit une jauge en haut à gauche de l’écran. Au niveau de rage 2, on fait plus de dégâts, et au niveau 3, on peut carrément exécuter les ennemis étourdis (ah et, truc rigolo, on regagne seulement de la vie au niveau 2). Autrement dit, le jeu nous pousse toujours à être agressif et je trouve ça chouette que la folie destructrice de Wolverine soit pas un mode berserk à activer manuellement.


Un petit mot sur les visuels

Un autre truc très chouette, c’est les graphismes ! C’est pas une surprise : après Marvel's Spider-Man 2 et Ratchet & Clank : Rift Apart, Insomniac livre une autre copie technique très solide. C’est beau et détaillé ; le rendu de certains visages est assez bluffant ; il y a des séquences très impressionnantes (je ne dirais rien). Je dirais pas que c’est le plus beau jeu de la PS5. Il y a des trucs qui jurent à droite à gauche, mais c’est super quali dans l’ensemble.

(Images capturées sur PS5)

Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?Marvel’s Wolverine : Le blockbuster PS5 dans toute sa splendeur, mais est-ce suffisant ?

J’ai fait la quasi-totalié du jeu sur PS5 Fat et ça tourne par défaut en 60 images par seconde avec ray tracing, ce qui est assez rare pour être souligné. J’ai eu quelques rares et toutes petites chutes de framerate. Par contre, j’ai plus souvent eu des bugs de script, comme par exemple une action qui voulait pas se déclencher pour X raison (X, vous l’avez ?) et des raccords d’animation cracra pour des actions contextuelles. Les patchs devraient régler tout ça, je m'inquiète pas. Sinon, comme d’habitude, les joueurs PS5 Pro ont le droit à des perfs en plus, avec un mode Performance Pro, Fidélité Pro et du ray-tracing avancé.

Pour terminer, un mot sur la direction artistique ! Comme pour Spider-Man, Insomniac cherche pas du réalisme à tout prix. Marvel’s Wolverine est un jeu plutôt pop, avec des couleurs vibrantes (ce qui est pas pour me déplaire). Mais il a parfois la main lourde sur les couleurs flashy, notamment pour les sens de ce cher Logan. Cet espèce de bleu fluo qui symbolise les odeurs et les bruits, c’est pas ce qu’il y a de plus agréable à l'œil. Au moins, on peut pas le rater.

Conclusion

Points forts

  • Un blockbuster dans toute sa splendeur
  • Rythme impeccable (environ 15h de jeu)
  • La relation entre Jean et Logan
  • Graphiquement impressionnant
  • Des combats viscéraux
  • Une VF impeccable

Points faibles

  • Des combats qui manquent de matière
  • Des niveaux ouverts assez confus
  • Certains cauchemars

Note de la rédaction

16

Marvel’s Wolverine n’est peut-être pas un grand coup de griffes, mais c’est un blockbuster solide et très facile à dévorer. Le studio Insomniac propose ici une aventure linéaire, intense et bien rythmée, portée par une histoire efficace. La relation entre Jean et Logan est très réussie, tout comme la réalisation. Le plus gros écueil, ce sont les combats. Ils manquent de profondeur mais manette en mains, le poids de Wolverine, la violence de ses coups et la dimension viscérale sont vraiment là. Marvel’s Wolverine ne réinvente pas la formule du blockbuster PlayStation : il l’exécute avec de la maîtrise et du cœur.

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