Dans l’univers Star Wars, peu de criminels peuvent se vanter d’avoir un bilan aussi sanglant. Pourtant, derrière le génocide à l’échelle galactique orchestré par le Général Hux se cache l’une des trajectoires les plus déconcertantes de la troisième trilogie.
La nostalgie est un sentiement très puissant quand on parle de cinéma, mais elle réserve parfois un traitement brutal aux nouveaux venus. Lorsque la troisième trilogie de Star Wars débarque sur nos écrans avec Le Réveil de la Force, un personnage marque les esprits par tempérament glaciale et stricte : le Général Armitage Hux. Incarné par l'acteur irlandais Domhnall Gleeson, cet officier du Premier Ordre s'est imposé rapidement comme l'une des figures majeures de la nouvelle dictature spatiale incarnée par l'Empire.
Sa scène marquante sur la base Starkiller reste gravée dans les mémoires de nombreux fans. Motivant ses troupes avec un fanatisme terrifiant, il ordonne le tir d'une super-arme capable de détruire plusieurs planètes simultanément. Bilan de cet ordre : la destruction du système Hosnian et la mort de près de 155 milliards d'êtres vivants. Une abomination théorique qui le place instantanément au-dessus de Dark Vador ou de l'Empereur Palpatine en matière de destruction et de tuerie de masse. Pourtant, la suite de son histoire prend une tournure bien différente !
Général Hux - Star Wars : Le dernier Jedi

Un déclin amorcé dès Les Derniers Jedi ?
Dès l'ouverture de l'Épisode 8 de la saga Star Wars, réalisé par Rian Johnson, le ton change radicalement pour l'officier. Le Général Hux se retrouve au centre d'une séquence d'ouverture où Poe Dameron se moque ouvertement de lui au réseau radio, le traitant comme un interlocuteur insignifiant. Le dictateur implacable se transforme progressivement en un subalterne qui est ridiculisé régulièrement, servant même de souffre-douleur à Kylo Ren.
Cette transition vers une figure presque "pitoyable" s'accentue dramatiquement dans le neuvième opus, intitulé l'Ascension de Skywalker. Dans ce dernier opus, on découvre que Hux est devenu la taupe du Premier Ordre, non pas par conviction héroïque ou prise de conscience morale, mais simplement par pure rancœur envers Kylo Ren. Un revirement psychologique qui réduit considérablement l'aura d'un personnage qui contrôlait pourtant l'armement le plus destructeur de la galaxie quelques années plus tôt.
Une fin expédiée qui amuse même son acteur
La conclusion de son arc narratif scelle définitivement son statut plus comique. Alors qu'il aide les héros à s'échapper, Hux est froidement abattu d'un simple tir de blaster par le Général Pryde, un nouveau venu introduit dans le même film pour occuper le rôle du méchant sérieux. Une mort quasi expéditive, presque insignifiante pour un homme responsable du plus grand massacre de l'histoire de la franchise.

Interrogé plus tard sur le destin réservé à son personnage, l'acteur Domhnall Gleeson a lui-même réagi avec pas mal d'humour et de détachement face à cette trajectoire inattendue. L'acteur irlandais commente lors d'une interview :
« C'était amusant de le voir devenir une sorte d'élément comique. Dans le premier film, il était tellement dur et terrifiant que c'était plutôt drôle de le voir se défaire petit à petit. »
Si cette évolution a pu frustrer une partie des spectateurs qui espéraient voir en lui un grand stratège militaire digne du Grand Moff Tarkin, elle témoigne des multiples changements de cap scénaristiques qui ont traversé cette postlogie. Le Général Hux restera ainsi dans les mémoires comme le plus grand tueur de la saga, mais surtout comme celui dont la chute fut la plus improbable.