Après près de trente ans passés à faire parler la poudre, la saga d’Ubisoft amorce un virage au tour par tour. Alors que Rainbow Six Siege a imposé sa vision tactique de l’action, l’éditeur prépare désormais une réponse stratégique qui colle aux grands principes de la saga. Il est d’ailleurs étonnant d’avoir dû attendre si longtemps pour voir la licence pour nous offrir un XCOM-like. Voici nos premières impressions sur Rainbow Six Tactics.
Lors de la gamescom 2026, la rédaction de JV a pu découvrir Rainbow Six Tactics à l’occasion d’une présentation de 10 minutes suivie d’une session hands-off de 30 minutes en compagnie de deux membres clés du studio parisien. N'ayant pu prendre le jeu en mains, nos retours reposent sur les promesses des développeurs et la séquence présentée à Cologne.
La tactique avant l’action
Rainbow Six Tactics propose une aventure tactique au tour par tour 100% solo qui ne renie en rien les fondamentaux de la saga. S’inscrivant dans la continuité narrative de Siege, le titre nous confronte à une conspiration mondiale. Face à la menace que représentent plusieurs groupes armés, l'unité Rainbow reprend du service aux quatre coins du globe. Le rôle de Six, commandant de l'unité, est ici confié à Paul Bishop, le protagoniste de Rainbow Six Vegas 2. C'est sous ses traits que le joueur pilote l'ensemble des interventions depuis le quartier général. La dynamique s'inverse donc. Analyser les renseignements, composer minutieusement ses équipes et donner les ordres en amont redéfinit totalement l'approche "action" qui caractérisait la franchise jusqu'ici.
La vie au sein du quartier général s'articule autour du développement de ses différents départements et de l’entraînement des opérateurs. Le lieu idéal pour gérer la santé des troupes, optimiser l'équipement et décortiquer les précieuses informations récupérées sur le terrain. Cette mécanique axée sur la collecte d'informations et la préparation de l'assaut séduit d'emblée. Sélectionner ses quatre opérateurs parmi les quinze disponibles (tous issus du casting de Siege) exige une vraie réflexion au regard de leurs compétences et équipements respectifs. Et la présence d'une option permadeath distille une sacrée dose de tension. L'esprit Rainbow Six est bien là.

Une première mission sous tension
La mission présentée illustrait parfaitement cette approche tactique. Envoyée initialement pour s'infiltrer, éliminer la menace et récupérer des informations, notre escouade a dû s'adapter suite à un changement d'objectif imprévu. Les renseignements étant en réalité un individu, l'opération a instantanément basculé vers l'extraction prioritaire d'un civil. La phase de reconnaissance prend alors tout son sens. Le déploiement de drones permet d'explorer les recoins avant d'engager le combat et de repérer les ennemis. Ubisoft montre ici sa volonté de conserver les principes de reconnaissance et l'observation qui font de Siege un FPS à part.
La vraie rupture par rapport aux tenors du genre réside dans la mécanique de "Breach". Préparer une série d'actions coordonnées entre les opérateurs pour les déclencher simultanément change complètement la donne. On y retrouve avec un plaisir non dissimulé l'intensité des assauts de Siege, ce qui insuffle un peu de nervosité à une formule d'ordinaire posée. Cet héritage se perçoit aussi dans la destruction des environnements. Cela permet de redessiner la carte à l'envi et de trouver des solutions en temps réel. Enfin, l'absence de pourcentages de réussite au profit de cônes de tir nets offre un vrai contrôle sur des gunfights souhaités hautement létaux. Une zone d'ombre demeure : Tactics saura-t-il se renouveler sur la durée ?

Rainbow Six Tactics n'est pas un simple XCOM-like. En plaçant la préparation et l’exécution au coeur de l'expérience, le titre d'Ubisoft se forge une identité bien à lui. Je n’avais jamais pensé à une telle déclinaison pour cette licence qui me suit depuis près de 30 ans, et pourtant... C’est, sans même le savoir, le titre que j’attendais pour réinventer la saga.