Les simmeurs en rêvaient depuis des années. Avec son Airbus A380 pour Microsoft Flight Simulator 2024, iniBuilds signe enfin le superjumbo complet qui manquait au simulateur. J’ai pris les commandes du géant, et il ne m’a pas laissé indemne.
Je n'ai jamais mis les pieds dans un vrai A380. Mon premier contact avec le géant d'Airbus s'est donc fait au pied de son train d'atterrissage, sur le tarmac virtuel de MSFS 2024, et j'ai vite compris à qui j'avais affaire. Le quadriréacteur n'est pourtant pas un inconnu des simmeurs. FlyByWire propose gratuitement son A380X sur Flight Simulator 2020 puis 2024, avec un très beau travail à la clé.

Mais l'avion n'a jamais été complet, et de nombreux systèmes faisaient défaut. On était loin d'un A380 digne de ce nom. Avec son A380, désormais disponible sur le Marketplace de MSFS 2024, iniBuilds comble enfin ce manque. Plutôt que de viser Singapour d'entrée, j'ai fait mes classes sur des lignes régionales, entre Perpignan et Tarbes ou entre Paris et Bordeaux. Aux commandes, des Rolls-Royce Trent 900, l'avionique Modern MSN et un sidestick devant mon écran.
Pourquoi un simple tour de l'avion prend-il autant de temps ?
La première claque est arrivée avant même le démarrage. Tourner autour de l'appareil, lever les yeux vers le double pont, passer sous les ailes puis monter à bord... j'ai mis plus de dix minutes à tout parcourir, une durée rare dans un simulateur. Tout m'a marqué à l'intérieur, de l'enfilade des sièges au grand escalier qui mène au pont supérieur. iniBuilds livre quatre versions de l'appareil, chaque motorisation étant proposée avec une cabine complète ou simplifiée.

Le souci du détail saute aux yeux jusque sous la voilure. Coulures de graisse, traces de carburant et salissures donnent à l'avion l'allure d'un appareil en service, loin du modèle sorti d'usine. Pour le pilote privé que je suis, habitué aux DR400 et aux Cessna 172, le changement d'échelle est brutal. L'A380 mesure 72,7 mètres de long et peut décoller à 575 tonnes.
Qu'est-ce que ça fait de piloter un avion de 80 mètres d'envergure ?
La masse se fait sentir dès les premiers mètres. Au roulage, on a l'impression de déplacer un immeuble sur roues. Curieusement, le cockpit ne donne pas la sensation de trôner si haut, et avec 24,1 mètres de hauteur totale, l'A380 est moins imposant à la verticale qu'on ne l'imagine. Le vrai défi, c'est l'envergure. Avec 79,8 mètres d'un saumon d'aile à l'autre, chaque virage sur un taxiway devient un exercice de précision. Une caméra de roulage m'aurait bien aidé, mais iniBuilds ne la propose pas pour l'instant.

En l'air, le plaisir change de nature. J'adore regarder les ailes se déformer au gré des turbulences, pendant que les trois ailerons de chaque aile bougent indépendamment sous l'effet des commandes de vol électriques. Mon moment préféré arrive tout à la fin. À l'arrondi, l'inertie de l'avion se ressent pleinement, et chaque correction doit être anticipée. Un bémol tout de même. En pilotage manuel, le lacet inverse reste trop prononcé lorsqu'on sollicite les ailerons en approche, et le nez part du mauvais côté avant de suivre le virage.
Les systèmes vont-ils plus loin que ceux de l'A350 ?
La filiation saute aux yeux. L'A380 profite de l'avionique et des correctifs de l'A350, mais le studio a poussé la logique beaucoup plus loin. L'état de l'avion est conservé d'une session à l'autre, et la simulation descend jusqu'à la gestion de l'eau potable et des eaux usées. Le largage carburant se déroule avec sa check-list dédiée, avant que le kérosène du réservoir de queue ne soit transféré vers l'avant pour l'atterrissage.

L'EFB a été entièrement repensé. Il importe le plan de vol depuis SimBrief, calcule les performances au décollage en tenant compte des intersections et embarque l'ensemble des check-lists. Une sauvegarde automatique est créée toutes les 30 minutes, et une fonction permet de sauter directement à n'importe quel point du plan de vol. De quoi tenter un Dubaï-Los Angeles à masse réelle sans passer seize heures devant l'écran, et c'est comme ça que j'aborderai mes premiers long-courriers. Côté pannes, le brouillage GPS et les impacts d'oiseaux s'ajoutent aux avaries système.
Tout n'est pas parfait pour autant. Les equal time points et la fonction RTA manquent encore à l'appel, et le calcul de décollage n'affiche pas la marge d'arrêt. On reste en deçà d'un PMDG ou d'un Fenix en matière de pannes complexes, mais c'est la sortie la plus aboutie et la moins buggée qu'iniBuilds ait livrée jusqu'ici.
Faut-il une machine de guerre pour le faire tourner ?
Je craignais le pire, et j'avais tort. L'A380 réclame des ressources, mais l'optimisation m'a agréablement surpris. L'astuce tient en partie à la cabine, qui ne se charge qu'à l'ouverture de la porte du cockpit. Sur mon PC, équipé d'une GeForce RTX 5080 (16 Go) et de 64 Go de mémoire vive, l'avion reste un peu gourmand sans jamais devenir pénible, et le simulateur n'a pas planté une seule fois. Les machines plus modestes pourront se rabattre sur un jeu de textures en définition réduite, disponible dans l'iniManager, sans sacrifier grand-chose visuellement.



Sur sa fiche officielle, iniBuilds recommande une RTX 4070 et 32 Go de mémoire vive. Côté tarif, comptez environ 80 euros TTC sur le Marketplace de MSFS 2024, seul point de vente pour l'instant, une sortie sur la boutique du studio étant prévue plus tard selon Threshold. Comme le relève MSFS Addons, il coûte même moins cher que l'A350 du même studio.

Les joueurs console devront patienter. Pour le moment, l'A380 d'iniBuilds est réservé aux joueurs PC, et une version Xbox serait en phase de test d'après un précédent article de MSFS Addons. Le précédent de l'A350 incite à l'optimisme, puisque le studio l'a porté sur Xbox en juillet 2025<. On peut donc raisonnablement supposer que l'A380 suivra le même chemin, sans qu'aucune date ne soit avancée. Sur PS5, le flou est plus grand. En juillet 2026, iniBuilds expliquait sur son forum attendre d'avoir accès au Marketplace de la PlayStation pour évaluer quels produits de son catalogue pourraient y être portés.

| iniBuilds A380 Airliner | |
| Simulateur | Microsoft Flight Simulator 2024 |
| Plateforme | PC (version Xbox en test) |
| Système recommandé | Windows 11 64 bits |
| Processeur | Intel Core i7-12700K ou AMD Ryzen 7 5800X3D |
| Carte graphique | NVIDIA GeForce RTX 4070 (12 Go) |
| Mémoire vive | 32 Go (64 Go conseillés pour les scènes gourmandes) |
| Stockage | SSD conseillé, 11 Go disponibles |
| Taille | 3,35 Go (8,56 Go installé) |
| Prix | Environ 80 € TTC (Marketplace) |

Le simulateur offre une seconde jeunesse à un avion dont la carrière industrielle s'est arrêtée net. Après un premier vol à Toulouse le 27 avril 2005, l'A380 a vu sa production cesser fin 2021, avec 251 exemplaires livrés à 14 clients, selon les chiffres d'Airbus. J'ai choisi Tarbes pour sa piste, capable d'accueillir les gros porteurs, et le clin d'œil est savoureux. C'est là que Tarmac Aerosave a achevé en 2019 le premier démantèlement complet d'un A380, un ancien appareil de Singapore Airlines. Dans MSFS 2024, le géant n'a pas fini de fréquenter le tarmac bigourdan.
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