Avec un score d’ouverture impressionnant de 98 % sur Rotten Tomatoes, le reboot de la saga Resident Evil au cinéma signé Zach Cregger pulvérise tous les préjugés. Loin de la formule éculée des précédentes productions, ce long-métrage s’impose déjà comme un tournant majeur pour le genre.
Le massacre de la franchise Resident Evil sur grand écran appartient désormais au passé. Alors que les précédentes tentatives cinématographiques oscillaient entre déception critique et trahison du matériau d'origine, le réalisateur Zach Cregger a accompli l'impossible : transformer l'une des licences les plus maltraitées d'Hollywood en un film plébiscité par la presse internationale. Derrière ce coup de maître se cache une prise de risque artistique radicale qui remet en question la façon même d'adapter un jeu vidéo au cinéma.
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Pourquoi ce reboot de Resident Evil crée-t-il la surprise générale ?
Pendant près de deux décennies, la saga Resident Evil a été verrouillée au cinéma par Paul W.S. Anderson et Milla Jovovich. Si ces six longs-métrages ont rapporté plus de 1,2 milliard de dollars, ils avaient troqué l'angoisse caractéristique de Capcom contre de l'action pure, chutant parfois jusqu'à des scores calamiteux (18 % pour Apocalypse). Le timide reboot de 2021, Welcome to Raccoon City, n'avait guère fait mieux avec 30 % d'avis positifs.

Pour inverser la vapeur, Sony et Constantin Film ont confié un budget maîtrisé de 80 millions de dollars à Zach Cregger (Barbarian, Weapons). Son choix créatif le plus audacieux ? L'absence totale de figures légendaires comme Leon S. Kennedy, Jill Valentine ou Chris Redfield. Une décision qui a suscité une vive hostilité des fans durant le tournage. Pourtant, cette prise de distance s'avère payante : au lieu de copier le scénario, Cregger capture l'essence même du gameplay de la franchise , à savoir la peur de l'inconnu, la gestion de la panique et la tension claustrophobique.
Sur l'agrégateur Rotten Tomatoes, le verdict est sans appel avec un score écrasant de 98 % sur la première vague de retours, ce film s'impose immédiatement comme l'adaptation de jeu vidéo la mieux notée de tous les temps.
| Resident Evil (2026) | Resident Evil: The Final Chapter (2016) | Resident Evil (2002) | |
| Score Rotten Tomatoes | 98 % | 37 % | 36 % |
Que dit la presse sur le film Resident Evil ?
Co-écrit avec Shay Hatten, le récit s'articule autour d'une prémisse d'une efficacité redoutable : Bryan, un simple coursier médical interprété par Austin Abrams, tente de survivre dans un hôpital de Raccoon City assiégé par des créatures mutantes. Chronométré sur 90 minutes suffocantes, le long-métrage adopte un rythme effréné où 82 minutes sont intégralement vouées à la survie.
'RESIDENT EVIL' debuts with 98% on Rotten Tomatoes, highest rated video game film adaptation of all time:
— Shinobi602 (@shinobi602) September 16, 2026
▪️'Resident Evil Finally Captures The Breathless Terror Of The Games' - Gamespot
▪️"Zach Cregger Gives a Fatigued Franchise an Exhilarating Shot in the Arm" - Hollywood… pic.twitter.com/ozv1z5DJbe
La presse spécialisée souligne unanimement la capacité de la mise en scène à recréer les sensations du jeu vidéo sans tomber dans le piège de la référence gratuite. Matt Goldberg, critique pour le média Decoding Everything :
Resident Evil devrait servir de leçon aux autres cinéastes : l'adaptation d'un jeu vidéo ne peut pas se résumer à une simple succession de clins d'œil.
David Ehrlich, journaliste pour IndieWire, explique également :
Malgré toutes ses libertés artistiques, c'est le premier film Resident Evil qui parvient réellement — et de manière assez viscérale — à recréer les sensations que l'on éprouve en jouant à Resident Evil.
L'utilisation d'effets animatroniques imposants confiés au studio Legacy Effects confère une présence physique terrifiante aux monstres, offrant une immersion totale au cœur du cauchemar.
"Resident Evil repose entièrement sur la performance exceptionnelle d'Abrams"
Loin des super-soldats invulnérables des précédentes versions, le film repose presque entièrement sur la vulnérabilité de son protagoniste. Austin Abrams livre une performance saluée par l'ensemble des observateurs, incarnant un homme ordinaire dépassé par des événements monstrueux. Julian Roman, critique pour le site MovieWeb, affirme :
Resident Evil repose entièrement sur la performance exceptionnelle d'Abrams… C'est véritablement un rôle qui va le propulser au rang de star.

Le casting secondaire, comprenant notamment Paul Walter Hauser, Kali Reis et Zach Cherry, apporte une touche d'humour noir caractéristique du cinéma de Cregger. Bien que le montage ait été resserré pour préserver la tension narrative, cet équilibre permet de désamorcer la violence brute de certaines séquences gore.
Un modèle pour les prochaines adaptations de jeu vidéo au cinéma ?
En dépassant les dernières tentatives du genre comme Sonic 3 ou Exit 8, Resident Evil prouve qu'une adaptation réussie repose sur la fidélité à une atmosphère plutôt que sur le calquage aveugle de la mythologie d'origine. Les projections financières anticipent un démarrage au box-office américain dépassant les 40 millions de dollars dès son premier week-end d'exploitation, un résultat massif pour une production classée R (c'est-à-dire interdit au moins de 17 ans).

Pourtant, ce triomphe conserve une note amère. Épuisé par la campagne de haine et le rejet virulent subis sur les réseaux sociaux avant même la sortie du film, Zach Cregger a publiquement affirmé qu'il ne réaliserait plus jamais de film de grande franchise. C'est un constat regrettable pour l'industrie hollywoodienne, au moment même où un cinéaste parvient enfin à résoudre l'équation des adaptations vidéoludiques au cinéma.