Ancien président emblématique de Rockstar North, Leslie Benzies promettait de rivaliser avec GTA 6 grâce à son nouveau studio, Build a Rocket Boy. Un an après le lancement désastreux de MindsEye, devenu le pire jeu de l’année 2025, l’entreprise s’effondre définitivement sous le poids de licenciements massifs.
L'ambition affichée par les grands noms de l'industrie du jeu vidéo se heurte parfois brutalement à la réalité du marché. Neuf ans après avoir quitté Rockstar Games avec le projet de bâtir son propre empire, le producteur Leslie Benzies voit son studio Build a Rocket Boy toucher à sa fin. Selon les informations révélées par Kotaku, l'entreprise écossaise prévoit de mettre définitivement fin à ses activités en septembre 2026. Cette fermeture annoncée conclut une descente aux enfers de quinze mois, marquée par l'échec commercial dévastateur du jeu MindsEye, des vagues successives de licenciements et une crise sociale d'une rareté inédite dans le secteur.
Précommander GTA VI sur Amazon
Le rival de GTA 6 devenu le pire jeu de l’année
Le 10 juin 2025. Ce jour-là, Build a Rocket Boy commercialise enfin MindsEye sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X/S, présenté comme la vitrine technologique d'un écosystème plus vaste baptisé Everywhere. Porté par plus de 150 millions de dollars de financements privés, ce jeu d'action-aventure en monde ouvert avait pour mission de prouver que Leslie Benzies était l'artisan majeur de la formule triomphale de Grand Theft Auto.
Pourtant, le contact avec les joueurs tourne immédiatement au désastre. Accablé par des ruptures de progression, des bugs paralysants, des performances techniques désastreuses et une intelligence artificielle totalement défaillante, le titre écope d'une note moyenne de 28 sur 100 sur Metacritic, devenant officiellement le pire jeu vidéo de l'année 2025.

Sur la plateforme Steam, l'audience s'effondre en quelques jours, ne comptant qu'une poignée de joueurs simultanés. Face à la multiplication des procédures de remboursement exceptionnelles accordées par Sony sur PlayStation, l'image du studio s'évapore instantanément auprès du grand public.
MindsEye, un projet victime de sabotage ?
Lors de réunions internes et sur les réseaux sociaux, Leslie Benzies et son co-PDG, Mark Gerhard, affirment que l'échec du titre résulterait d'un sabotage d'entreprise organisé et de campagnes menées par des fermes de bots. L'entreprise va jusqu'à déployer, en avril 2026, une mise à jour narrative intitulée Blacklisted, censée intégrer des éléments de preuve de ce prétendu complot au cœur même d'une mission du jeu.

Dans les bureaux du studio, la réalité décrite par les employés s'avère bien plus sombre. Dans une lettre ouverte soutenue par le syndicat britannique IWGB, près d'une centaine de développeurs dénoncent une gestion managériale autoritaire et un micromanagement étouffant. Les équipes révèlent avoir subi un crunch brutal avec huit heures de surmenage hebdomadaire imposé pendant des mois, tout en voyant leurs alertes techniques ignorées par la hiérarchie.
La crise sociale prend une tournure judiciaire au printemps 2026 lorsque le syndicat IWGB attaque le studio, accusant la direction d'avoir installé le logiciel espion Teramind sur les ordinateurs des salariés pour enregistrer leur activité à leur insu.
Des licenciements massifs et la fin d’une aventure
L'isolement de Build a Rocket Boy s'accentue lorsque l'éditeur partenaire, IO Interactive Partners, décide de rompre unilatéralement son contrat de distribution. Cette séparation entraîne l'annulation définitive des contenus croisés prévus avec la franchise Hitman et contraint le studio écossais à tenter une auto-édition sans marge de manœuvre financière.

Pour tenter d'endiguer un déficit béant, la société enchaîne les restructurations. Selon le syndicat britannique, plus de 300 collaborateurs ont été licenciés entre le lancement en juin 2025 et le printemps 2026. Le coup de grâce survient à la mi-septembre 2026. Une ultime vague de suppressions de postes frappe les effectifs restants, touchant aussi bien les créatifs que les équipes administratives.
Sur les réseaux professionnels, le responsable du recrutement et des opérations RH, Dan Hawkins, indique publiquement qu'il accompagne le studio « jusqu'à la toute fin » pour finaliser la fermeture du service. Sans communication officielle de la part de son fondateur, cette saignée intégrale marque le point final d'un projet ambitieux devenu l'un des fiascos les plus retentissants de l'histoire moderne du jeu vidéo.