PlayStation en crise : décisions controversées et préoccupations des joueurs face à une stratégie axée sur la rentabilité

Titre original : PS6, Kojima, jeux physiques... Mais que fait PlayStation ?

En l’espace de quelques mois, PlayStation a abîmé son image de marque. Le constructeur qui, en 2016, assurait le spectacle à l’E3 en faisant venir un orchestre symphonique pour jouer les hymnes de ses grandes licences, fait plutôt dans la cacophonie en 2026. Que se passe-t-il chez Sony ?

La finance a des raisons que les joueurs préfèrent ignorer

Augmentation du prix de la PS5, fermeture de l’excellent studio Bluepoint Games, Destiny mis en pause, entêtement dans sa philosophie du jeu-service pourtant peu fructueuse, annonce de l’arrêt de la production de jeux sur disques, abandon du projet Physint de Kojima… l’année 2026 de Sony est pavée de mauvaises intentions. C’est en tout cas l’appréciation des joueurs sur les réseaux sociaux ou sur les forums. Ces derniers n’hésitent pas à envoyer des messages incendiaires à PlayStation. En quelques mois, le “for the players” a laissé place au “for the payeurs”. Certains fans historiques sont médusés : que se passe-t-il chez PlayStation pour que de telles décisions soient prises ?

Pour répondre à cette question, il faut regarder qui est à la tête de l’organigramme. Hiroki Totoki, le PDG de Sony nommé en 2025, a un profil orienté finance/opération/exécution, là où son prédécesseur, Kenichiro Yoshida, était plus dans la stratégie et la transformation. Bien que les deux hommes aient été à la direction financière du groupe, Kenichiro Yoshida a redessiné Sony/PlayStation, là où Totoki s’appuie sur ce travail dans le but de transformer les actifs en croissance... dans un climat économique pour le moins instable. “Sony doit agir, sinon, nous ne pourrons pas survivre dans ce contexte”, disait Totoki le mois dernier.

PS6, Kojima, jeux physiques... Mais que fait PlayStation ?

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Sony mise tout sur la fidélité de ses fans (et sur les problèmes de Xbox)

Le départ de Jim Ryan (2023) et la nomination de Hideaki Nishino au poste de PDG de Sony Interactive Entertainment (2025), aux côtés de Hermen Hulst qui dirige de son côté la division Studio Business Group, n’ont pas apporté ce que les fans espéraient. Il y a bien eu la promesse de ne pas refaire les erreurs de Concord, et donc de mieux choisir les jeux service à développer, ce qui a rassuré – un temps – les fans. Il y a aussi eu la décision d’arrêter de sortir les jeux solo PlayStation sur Steam, afin de rendre les consoles PlayStation indispensables pour les joueurs, même s’ils sont sur PC... décision qui a été globalement comprise.

Se priver des revenus générés par le monde du PC a cependant une conséquence, celle de faire reposer toute la rentabilité d’un projet sur sa version PlayStation. C’est peut-être ce qui a joué en la défaveur de Physint. Après un Death Stranding 2 qui ne semble pas avoir été un succès commercial phénoménal, Sony semble craindre que les investissements en Physint, à la fois jeu, film, expérience imaginée par Kojima avec un gros casting, puissent être trop lourds pour espérer gagner de l’argent. Bloomberg nous apprend également que certains des cadres de PlayStation qui ont travaillé étroitement avec Kojima par le passé ne sont plus chez Sony.

PS6, Kojima, jeux physiques... Mais que fait PlayStation ?

Juste une entreprise cotée comme les autres

En attendant, tout le monde parle de PlayStation qui tourne le dos à Hideo Kojima pour le projet Physint. Les sites spécialisés, bien sûr, mais aussi les médias mainstream, comme la BBC. C'est l'effet "prestige" de Kojima.

Est-ce que PlayStation se transforme ? Qu'est-ce que cela veut dire, dans une industrie où il faut s’adapter sans cesse ? Sony perd moins de temps à cacher son “vrai” visage, peut-être. Celui d’une entreprise cotée qui doit prendre des décisions n’allant pas dans le sens des joueurs afin de s’assurer une meilleure rentabilité', et donc une meilleure prospérité.

Persuadée que les joueurs s'amusant sur consoles suivront PlayStation peu importe ce que fait la concurrence, à l’image des joueurs PC qui restent sur Steam plutôt que de lancer l’Epic Games Store, la société japonaise avance sans se préoccuper des réactions. Il reste à voir si Microsoft va de nouveau être un concurrent sérieux, la marque Xbox ayant connu – elle aussi – beaucoup de bas (et quelques hauts) ces derniers mois.