Les jeux vidéo pourraient améliorer la santé cognitive : une étude sur 500 000 personnes révèle des résultats surprenants

Titre original : Les jeux vidéo mauvais pour la santé ? Une nouvelle étude sur 500.000 personnes prouve le contraire

Les jeux vidéo traînent depuis longtemps une réputation de loisir peu recommandable pour la santé. Pourtant, une vaste étude menée sur plusieurs centaines de milliers de personnes suggère que leurs effets sur notre cerveau pourraient être bien plus intéressants qu’on ne le pense.

Entre la sédentarité, le temps passé devant les écrans ou encore les risques d’addiction, les jeux vidéo sont régulièrement pointés du doigt pour leurs possibles effets sur la santé. Des chercheurs se sont pourtant intéressés à une tout autre question : jouer pourrait-il être associé à une meilleure santé cognitive sur le long terme ? Publiée en 2024 dans la revue scientifique Alzheimer's Research & Therapy, leur étude s'appuie sur les données de près de 500 000 participants de la UK Biobank, sans démence au début du suivi.

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Un risque de démence inférieur de 19 % chez les joueurs fréquents

Les chercheurs ont séparé les participants selon trois fréquences de pratique : ceux qui ne jouaient « jamais ou rarement », ceux qui jouaient « parfois » et ceux qui jouaient « souvent ». Après un suivi médian de près de 14 ans, 7 898 cas de démence ont été recensés. Résultat : par rapport au premier groupe, les personnes jouant parfois présentaient un risque de démence inférieur de 10 %. Chez celles déclarant jouer souvent, cette différence atteignait 19 %.

Crédits : Masakazu Senda / Guiness World Records

Les jeux vidéo mauvais pour la santé ? Une nouvelle étude sur 500.000 personnes prouve le contraire

Surtout, les chercheurs ont tenté d'écarter plusieurs explications alternatives. Leurs calculs prennent notamment en compte d’autres paramètres, comme l'âge, le sexe, l'activité physique, la sédentarité, l'alimentation, le sommeil, le tabagisme, la consommation d'alcool, la solitude, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires. L'association persistait également dans plusieurs analyses supplémentaires tenant compte, entre autres, des symptômes dépressifs, de l'isolement social et des antécédents familiaux de démence.


Mémoire, temps de réaction… le cerveau semble aussi y gagner

La démence n'était cependant qu'une partie de l'étude. Sur des groupes allant d’environ 41 000 à 60 000 participants selon les tests, les joueurs fréquents obtenaient également de meilleurs résultats dans les cinq fonctions cognitives examinées. Cela concernait la mémoire prospective, le temps de réaction, le raisonnement verbal et numérique, l'attention et la mémoire de travail ainsi que la mémoire visuospatiale. Les chercheurs ont donc observé une association qui dépasse le seul risque de développer une démence.

Les jeux vidéo mauvais pour la santé ? Une nouvelle étude sur 500.000 personnes prouve le contraire

Même constat du côté de la structure du cerveau, avec toutefois des résultats plus limités. Les IRM d'environ 40 000 participants montrent que jouer fréquemment est associé à un volume plus important de matière grise dans l'hippocampe, une région notamment essentielle à la mémoire. En revanche, aucune association statistiquement significative n'a été observée pour plusieurs autres mesures, comme le volume total du cerveau ou le volume global de l'hippocampe.


Pas une raison pour passer ses journées devant sa console

Les auteurs avancent plusieurs explications possibles. Les jeux vidéo sollicitent de nombreuses capacités perceptives et attentionnelles, tandis que de précédentes recherches ont associé certains jeux à la plasticité cérébrale, au contrôle de l'attention ou encore à la vitesse de traitement des informations. L'étude ajoute même une analyse génétique permettant de déterminer si le lien observé pourrait aller au-delà d'une simple corrélation : les résultats suggèrent une possible relation causale entre une fréquence de jeu plus importante et un risque réduit de démence. Les chercheurs restent néanmoins prudents et estiment que d'autres travaux seront nécessaires pour comprendre les mécanismes à l'œuvre.

Crédits : Kong Ding Chek / Getty Images

Les jeux vidéo mauvais pour la santé ? Une nouvelle étude sur 500.000 personnes prouve le contraire

Pas question, donc, d'en conclure que passer dix heures par jour sur Call of Duty constitue une ordonnance médicale. L'étude ne mesure pas précisément le nombre d'heures jouées ni l'évolution des habitudes au fil des années, et les auteurs soulignent que les différences cognitives observées restent relativement faibles. L'analyse principale porte par ailleurs sur des participants britanniques blancs, ce qui limite la généralisation des résultats. Mais sur près d'un demi-million de personnes, le constat vient tout de même sérieusement nuancer une vieille idée : jouer aux jeux vidéo n'est pas nécessairement l'ennemi de notre cerveau