Test de World of Warcraft: Forever avec une manette : Expérience réussie ou défis à surmonter ?

Titre original : On a joué à World of Warcraft Forever à la manette : mauvaise idée ou pas ?

Parfaitement taillé pour dépoussiérer les débuts d’Azeroth, World of Warcraft: Forever remet l’ère Vanilla au goût du jour. Mais sa plus grande surprise réside dans son support natif de la manette, une première historique. On a pu prendre en main la bêta de cette réimagination du MMO pendant une heure le pad entre les mains : fausse bonne idée ou révolution pour le jeu de salon ?

Quand Blizzard a dégainé World of Warcraft: Forever lors de la dernière BlizzCon, j'avoue avoir été piqué par la curiosité. L'idée de replonger dans l'époque Vanilla (2004-2007) avec une narration alternative, un Azeroth redessiné, des zones retapées et une race inédite avec les Éolides (des elfes célestes perchés sur l'île de Zfras) c'était déjà un sacré programme. Mais en bon joueur habitué au combo clavier-souris depuis deux décennies, ce qui m'a vraiment donné envie de mettre les mains dans le cambouis, c'est l'annonce du support natif de la manette. Fini les add-ons communautaires obscurs et le bricolage façon ConsolePort : cette fois, les développeurs ont intégré l'outil directement au cœur du code de cette nouvelle version.

La manette en main sur WoW Forever, ça donne quoi en jeu ?

Autant crever l'abcès tout de suite : la prise en main demande un petit temps d'adaptation, mais on s'y habitue franchement assez vite en cours de partie. L'interface bascule dynamiquement. Côté compétences, la configuration s'avère plutôt bien pensée : en combinant la face avant (A, B, X, Y) et les gâchettes (LB, RB, LT, RT), on réussit à caser jusqu'à 32 sorts ou actions rapides selon qu'on maintienne ou qu'on tapote les touches. La roue circulaire des menus pour fouiller son inventaire ou son journal de quêtes s'ouvre d'un geste et tourne comme un charme, tout comme la gestion globale des raccourcis de sorts.

Tout n'est pas encore parfait pour autant dans cette phase d'alpha fermée. À l'instar du ciblage automatique (avec TAB) sur PC, celui à la manette est divisée en deux touches : LB pour les alliés ; RB pour les ennemis. Quelque chose qui reste vite d'être chaotique avec plusieurs cibles en donjons ou raid, surtout pour les soigneurs.

Autre point d'ombre : l'ergonomie des menus. Valider une simple option demande parfois de matraquer les touches de façon répétée, ce qui agace au bout de dix minutes. De plus, si l'ambition de Blizzard est d'ouvrir son univers à un public néophyte sur PC portable ou console nomade, ça manque cruellement de tutoriels dédiés pour expliquer la marche à suivre. Durant mon heure de jeu sur la bêta, je n'ai pas croisé le moindre guide interactif pour m'aider à configurer sereinement mon interface au pad.

Bientôt un portage sur PS5 et Xbox Series pour World of Warcraft ?

Au global, la formule reste très bien maîtrisée et s'impose comme une excellente initiative pour dépoussiérer l'expérience. Qu'on ne s'y trompe pas : ce mode manette ne remplacera jamais la précision et l'ergonomie du combo clavier-souris pour le contenu haut niveau. Mais pour se caler confortablement dans un canapé ou s'offrir des sessions plus détendues, la proposition fait mouche. Pour le moment, l'expérience reste cantonnée à WoW Forever. Une troisième expérience encore plus ouverte aux néophytes parce que c'est une histoire alternative à celle déjà racontée par Classic/Retail. Un laboratoire parfois avant un déploiement plus large ?

Cette avancée technique relance évidemment les fantasmes d'un portage sur consoles de salon. En faisant sauter le verrou des contrôles sur PC, Blizzard franchit le plus grand obstacle historique. Pour autant, rien n'est scellé. Si Blizzard appartient à Activision, lui-même désormais sous le pavillon de Microsoft, la stratégie entourant les exclusivités Xbox reste floue. Impossible donc d'affirmer avec certitude que World of Warcraft débarquera un jour sur PS5 ou Xbox. En attendant d'en savoir plus, la bêta s'ouvre dès le 17 septembre, avant un lancement officiel calé au 4 novembre aux États-Unis et le 5 novembre en France.