Arnold Schwarzenegger a fait don de 16 hectares de son ranch personnel afin de préserver une zone naturelle importante qui se trouve aux portes de Los Angeles, aux États-Unis.
Quand on pense à Arnold Schwarzenegger, c'est immédiatement l'iconique T-800 de Terminator qui nous vient à l'esprit. Difficile d'imaginer la star hollywoodienne embarquée dans une quête sans voyage temporel, sans cyborgs tueurs ni guerre pour la survie de l'humanité. Pourtant, dans la vraie vie, l'un des gestes les plus marquants de l'acteur austro-américain est directement lié à la préservation de la planète et de l'environnement.
Arnold Schwarzenegger a renoncé à une propriété de 500 000 dollars $
En 2016, Schwarzenegger s'est associé à la femme d'affaires et figure du fitness Betty Weider pour faire don d'environ 16 hectares d'une propriété située dans les monts Santa Monica, en Californie. La parcelle en question, nichée à Zuma Canyon, a été attribuée au chantier du Backbone Trail, un grand sentier de randonnée traversant les espaces naturels aux portes de Los Angeles et reliant divers secteurs du domaine public. Le terrain avait été évalué à plus de 500 000 dollars par le National Park Service (NPS), l'agence fédérale chargée des parcs nationaux, selon les documents officiels validant l'opération en mai 2016.

Récemment remise en avant par le quotidien espagnol La Razón, cette transaction attire l'attention autant par l'aura de son donateur que par le rôle écologique de cette zone protégée, cernée par d'immenses métropoles. Le geste de Schwarzenegger et de Betty Weider ne s'est pas résumé à une simple cession administrative. Selon le NPS, il s'agissait alors de la plus importante donation privée individuelle de terres accordée pour achever le Backbone Trail.
Ce terrain d'environ 40 acres (l'unité de mesure américaine, qui équivaut à 16 hectares) représentait un maillon manquant indispensable pour unifier le tracé. Son intégration gratuite au réseau public a permis d'économiser de précieux fonds publics, aussitôt réinjectés dans l'aménagement et l'entretien du parcours.
Comme le soulignent les archives du NPS, le tracé du Backbone Trail couronne plus de quatre décennies d'efforts conjoints entre élus, gestionnaires de réserves, associations de bénévoles et mécènes. Une longue bataille jalonnée d'acquisitions foncières pour reconnecter des habitats jusqu'alors fragmentés entre terrains privés et parcelles publiques.
Un sentier de 108 kilomètres qui traverse des paysages naturels
Le Backbone Trail a été officiellement inauguré en 2016, offrant une voie ininterrompue de 67 miles, soit près de 108 kilomètres. Le sentier court du Will Rogers State Historic Park jusqu'au Point Mugu State Park, sillonnant les crêtes et vallons des monts Santa Monica. Cet itinéraire traverse l'une des plus vastes étendues sauvages encore intactes du sud de la Californie. D'après le National Park Service, le décor alterne entre collines tapissées de chaparral, forêts de chênes et formations rocheuses impressionnantes.

Au-delà du panorama, l'intérêt écologique est de premier ordre. La Santa Monica Mountains National Recreation Area abrite un écosystème côtier de type méditerranéen doté d'une biodiversité exceptionnelle : plus de 450 espèces animales et 26 communautés végétales distinctes y cohabitent.
Pumas, serpents et nature préservée : que trouve-t-on dans la région ?
Ces espaces offrent un refuge vital pour la faune locale, tout particulièrement pour les espèces ayant besoin de vastes corridors biologiques continus pour se nourrir, chasser et se reproduire sans encombre. La proximité de Los Angeles pourrait laisser croire que le béton, les autoroutes et les complexes résidentiels ont tout dévoré. Pourtant, les monts Santa Monica abritent encore un sanctuaire végétal absolument remarquable.
On y croise des pumas, des coyotes, des cerfs, des lapins, une grande variété d'oiseaux, ainsi que des serpents et reptiles parfaitement adaptés à la rocaille et au chaparral. Le puma de montagne (ou couguar) dépend tout particulièrement de ces corridors non morcelés. Pour éviter la consanguinité et la disparition d'une population coincée entre plusieurs grosses autoroutes, ces liaisons naturelles sont indispensables à sa survie.
Backbone Trail

C'est là tout le rôle de ces chemins de randonnée et de ces réserves : loin d'être de simples aires de loisirs en plein air, ils constituent le dernier rempart assurant la survie des écosystèmes face au rouleau compresseur de l'urbanisation.
Le projet a nécessité plus de 40 ans de travaux
L'épopée du Backbone Trail a débuté bien avant l'implication de l'acteur. D'après le NPS, concrétiser un sentier continu à travers toute la chaîne de montagnes a nécessité plus de 40 années d'acharnement. Dans les années 1960, la zone n'était qu'un patchwork de ranchs privés, de terrains de golf et de projets de lotissements. Il a fallu racheter patiemment les parcelles, une à une, sous l'impulsion conjointe des pouvoirs publics et des fondations écologiques.
Au total, plus de 180 parcelles ont été rachetées au fil des ans, mobilisant plus de 100 millions de dollars. Ces montants provenaient de subventions locales et fédérales, notamment du Land and Water Conservation Fund. Cette cession foncière s'inscrit pleinement dans les engagements de Schwarzenegger hors des plateaux de tournage.

Arnold Schwarzenegger a un long passé d'activisme environnemental
Gouverneur de Californie de 2003 à 2011, il avait placé la transition écologique et la lutte contre les gaz à effet de serre au centre de sa politique. En 2006, il promulguait le Global Warming Solutions Act, une loi pionnière qui a fixé des objectifs stricts de réduction d'émissions de carbone et a servi de modèle pour l'ensemble des politiques climatiques de l'État.
Après son départ de la scène politique, la star a poursuivi ses actions environnementales, notamment en cofondant le R20 (Regions of Climate Action) pour aider les gouvernements régionaux à développer des projets verts, ainsi que l'USC Schwarzenegger Institute en 2012. Un parcours singulier où le cinéma, la politique et la philanthropie se croisent, et dont ce geste écologique discret en 2016 demeure un bel exemple concret.