Six ans après Minecraft Dungeons premier du nom, Mojang et Double Eleven reviennent avec la suite de leur jeu d’action aventure, façon Diablo familial. On se retrouve ainsi de nouveau dans le monde cubique et coloré de Minecraft à devoir terrasser des ennemis, beaucoup d’ennemis. La recette se répète, mais avec plusieurs nouveautés, à commencer par un monde ouvert, mais surtout une dimension inédite à explorer : le Sift. De quoi rafraîchir et améliorer la recette ? Voyons voir ce qu’il en est dans ce test de Minecraft Dungeons II.
Une recette qui se répète tout en évoluant
Avec Minecraft Dungeons sorti en 2020, Mojang a redonné un coup de neuf à Minecraft en proposant de se replonger dans cet univers culte d’une tout autre manière. Plutôt que de chercher à échapper à toutes les créatures qui surgissent une fois la nuit tombée à l’instar des creepers, évocateurs, sorcières, slimes et autres joyeusetés, l’idée est ici de les affronter sans se prendre la tête. Pas de farm, pas de construction, juste du combat en vue du dessus, à la façon d’un hak ’n’ slash tout ce qu’il y a de plus classique.

Mais contrairement à Diablo ou Path of Exile 2, le jeu se révèle plus coloré que sanglant et surtout moins complexe. Pas d’arbre de compétence sans fin à déchiffrer ou même de classe à choisir. Vous ne pouvez que sélectionner la dégaine de votre personnage (ce qui ne change pas grande chose) et qui sera carré de toute manière. Votre façon de vous battre dépendra surtout des armes que vous lootez : une arme à distance (un arc avec différents effets possibles) et une arme de mêlée (une épée, une hache, une pioche, une lance ou autre).
Et c’est là que ça devient intéressant, une arme peut changer le gameplay du tout au tout. Vous pouvez par exemple lancer des éclairs, enflammer vos ennemis, les faire reculer, les empoisonner, etc.

On peut également équiper trois artéfacts qui permettent de profiter de sorts en plus, que ce soit offensifs, defensifs ou de soin. Les talismans servent, quant à eux, à augmenter votre santé, vos dégâts et même à invoquer des créatures.
Avec Minecraft Dungeons II, la recette ne change pas, mais s'améliore. Il n’y a toujours pas de craft et aucune interaction n’est possible avec l’environnement que ce soit pour creuser, couper des arbres ou autre. Le loot ne vient que des coffres que vous ouvrez, des ennemis que vous tuez ou des récompenses de quêtes. En revanche, on retrouve le design cubique propre à Minecraft, les villageois et leur doublage inoubliable, tout le bestiaire et plus encore…

Si ce titre ne bouleverse pas la recette, c’est loin d’être une simple redite, avec plusieurs évolutions bienvenues. On a notamment davantage de possibilités, rien qu’au niveau de l’équipement et ainsi des builds. Au lieu de ne pouvoir équiper qu’une armure, on a désormais 4 pièces distinctes (casque, plastron, jambières et bottes). Chacune peut-être enchanté séparément, ce qui permet au fur et à mesure du jeu de personnaliser sa manière de se battre.

Le déplacement évolue lui aussi vu qu’on peut enfin sauter! Ça parait bête ainsi, mais ça rend l’exploration bien plus agréable, avec en prime des environnements plus verticaux.
Enfin un monde ouvert

Mais la plus grosse évolution réside clairement dans le passage à un monde ouvert. Là où dans le premier opus on enchaînait les niveaux de manière linéaire, on a ici une carte complète que l’on peut explorer à notre guise. Les ennemis sont nombreux, tout comme les coffres et donjons à trouver. Si les décors se répètent un peu avec beaucoup de forêt et de grottes, il y a tout de même des biomes variés.






Cela vaut notamment pour le Sift, une dimension inédite. Et c’est loin d’être anecdotique vu que Minecraft n’avait pas proposé de nouvelle dimension depuis 15 ans ! Celle-ci apparaîtra d’ailleurs à partir de l’année prochaine dans Minecraft.
Le Sift est également au cœur de l’histoire. Tout commence paisiblement (pour au moins quelques secondes)..., mais des illageois avides trouvent un passage vers cette dimension et décident de l’exploiter pour semer la terreur partout dans le monde.

Du coup, pas le choix, un héros (vous) doit prendre les armes et sauver le monde. Pour cela, il va poursuivre les illageois qui ouvrent des failles un peu partout avec des hordes d’ennemis. On va ainsi passer de la dimension classique à celles du Sift, qui est beaucoup plus colorée, variée, et surtout envahie de sortes de larges flaques de poison où il vaut mieux éviter de traîner. Il y a également tout un nouveau bestiaire, avec des créatures étranges, certaines amicales, et d’autres bien plus hostiles…

Côté désign, on est sur du pur Minecraft, donc des cubes à ne plus savoir quoi en faire. Pour autant, il y a clairement une évolution entre le premier opus et le second avec des environnements plus détaillés, mieux éclairés et globalement plus jolis. Le jeu tourne d’ailleurs sur Unreal Engine 5, ce qui offre une meilleure lisibilité lors des combats avec beaucoup d’ennemis. De quoi redécouvrir ou découvrir l’univers de Minecraft dans d'excellentes conditions. De même, le sound design n’a pas été négligé et colle parfaitement à l’ambiance.
Et l’histoire dans tout ça ?
L’intrigue est relativement simple ; on poursuit de méchants illageois et on affronte de grosses vagues d’ennemis. L’histoire n’est qu’un prétexte à la baston, qui est de toute manière ici ce qui nous intéresse le plus.

Si l’histoire s'avère assez oubliable, elle se laisse suivre facilement, avec de temps en temps quelques cinématiques. Au fur et à mesure la difficulté augmente (même si elle est toujours accessible) avec de plus en plus d’ennemis, avec chacun leur particularité. Cela oblige tout de même à faire attention à son équipement. Il faut penser à l’améliorer chez le forgeron et l’enchanteur. Les différents artéfacts et talismans permettent également de personnaliser la manière de se battre.

En cas de mort, on est renvoyé à la base, ce qui permet d’améliorer son équipement au besoin. On peut ensuite retourner au dernier checkpoint grâce à un portail. D’ailleurs, on peut voyager à travers les deux dimensions avec des wagonnets, afin d’éviter d’avoir tout à refaire à pied !
Pour terminer l'histoire, il faut compter une dizaine d’heures, ce qui est un peu plus que pour le premier opus. Il y a aussi pas mal de quêtes secondaires pour poursuivre l’aventure. Si elles ne sont pas toujours passionnantes et souvent assez longues, elles permettent de récupérer des équipements et artéfacts que l’on ne trouverait pas forcément en explorant.
Du contenu end game pour corser l’expérience

En attendant de futures extensions, il reste également plusieurs choses à faire une fois la quête principale achevée, comme explorer l'entièreté de la carte avec toutes les quêtes secondaires, les failles et donjons qu’elle contient. Il est aussi possible de défier à nouveau des boss vaincus, mais dans leur forme corrompue et encore plus puissante pour collecter des éclats d’écho (pour enchanter l'équipement) et surtout de meilleures pièces. Enfin, des tempêtes d’âmes peuvent apparaître occasionnellement sur la carte. Il faut alors détruire les générateurs de tempêtes dans un temps restreint, tout en affrontant des hordes de créatures. Il s’agit de défis un peu plus exigeants qui demandent de mieux s’équiper.




Si l’histoire est assez courte, le contenu se montre généreux, mais il reste - il faut l’avouer - souvent répétitif. Il y a quelques mécaniques, mais elles ne varient pas beaucoup ; aller aider des créatures et villageois, ouvrir des portes en trouvant au préalable la clé, détruire des bases ennemies, etc. Rien de bien surprenant. Il y a quand même une petite nouveauté dans le Sift avec des Golems chanteurs qui ouvrent des passages. C’est assez mignon.
Un jeu qui se savoure davantage à plusieurs

Il est bien évidemment toujours possible de jouer à plusieurs (jusqu’à 4). Pour cela, vous devez toutefois faire attention au choix que vous faites au début ; vous pouvez soit jouer en hors ligne, mais alors on pourra seulement vous accompagner en local. Pour pouvoir jouer en ligne, il faut opter pour l’option en ligne, cela signifiera que vous ne pourrez jamais jouer hors ligne (jusque la logique…). L’avantage c’est qu’on peut vous rejoindre à tout moment, l’inconvénient c’est que les serveurs souffrent parfois de quelques latences. Il peut aussi arriver de manière générale qu’il y ait quelques bugs, surtout quand il y a beaucoup d’ennemis.
Quoi qu’il en soit, Minecraft Dungeons II est un jeu qui se savoure bien davantage à plusieurs. Comme tout bon hack’n’ slash, c’est plus sympa d’affronter des vagues d’ennemis en groupe. Et si vous n’avez pas d’amis, vous pouvez facilement rejoindre des parties d’autres personnes de manière aléatoire.
Il est aussi possible de choisir entre plusieurs modes de difficulté, histoire d’adapter l’aventure à son niveau et envie ; facile, normal ou difficile.




De prime abord, le titre peut paraître enfantin et simpliste, mais l’expérience en jeu prouve rapidement le contraire. On a un vrai sentiment de progression et de gain en puissance. Et si on peut se contenter de choisir les pièces d’équipement les plus puissantes, personnaliser son build se révèle bien plus satisfaisant. Il y a également une dose de défis avec à la fin des ennemis vraiment puissants (encore plus si on augmente la difficulté). Jouer à plusieurs sera alors d’autant plus amusant, et chacun peut choisir le build qui l’intéresse le plus : pur combattant, tank, healer avec des sorts de soins et boucliers…
Pour la rédaction de ce test, j'ai joué environ quatorze heures, principalement la quête principale, mais aussi un peu de contenu end game. J'ai reçu pour ce faire une copie de Minecraft Dungeons II de la part de Microsoft / Xbox.
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Points forts
- Un hack ’n’ slash familial et fun
- Un jeu en monde ouvert, qui donne la part belle à l’exploration
- Un bestiaire complet et varié qui fait honneur à l’univers Minecraft
- Un large choix d’équipement qui permet de varier l’expérience
- Le Sift : une nouvelle dimension
- Pas mal de contenu end game pour poursuivre l’aventure
Points faibles
- Quelques bugs et latences, surtout en mode en ligne
- Un contenu parfois un peu répétitif
- Toujours pas d’interaction avec l’environnement
Pas besoin d’aimer Minecraft pour aimer Minecraft Dungeons II (ni d’avoir joué au premier). À moins d’avoir la phobie des formes carrées, ce jeu d’aventure et d’action a tout pour plaire ; un bestiaire varié, une histoire sympathique avec une bonne dose d’action et surtout beaucoup d’ennemis à terrasser.
Cela en fait une excellente entrée dans l’univers des hack 'n' slash (bien moins violente aussi). C’est un bon choix pour découvrir le genre en famille, le titre étant jouable jusqu’à 4 simultanément, mais cela ne veut pas dire qu’il sera trop gentillet pour les habitués du genre. Derrière une simplicité apparente, on se met rapidement à convoiter des pièces d’équipement plus puissantes et plus funs. On peut aussi choisir la manière dont on a envie de se battre ; au corps à corps, à distance, en support… Il y a bien assez de possibilités pour ne pas se lasser, mais aussi de défis. Et bien que dix heures suffisent pour venir à bout de l’histoire principale, le contenu end game, ainsi que les quêtes annexes permettent d'étendre l’expérience.
Si le titre ne révolutionne rien, il a le mérite d’offrir un excellent moment de détente, et souvent, c’est tout ce qu’on demande.