Depuis quelques jours, la planète jeu vidéo s’enflamme autour de la future console de salon de Sony, la bien nommée PlayStation 6. La future console aurait 80 TFLOPS de puissance de calcul ? Faut-il y croire ? Spoiler : pas vraiment…
Une PS6 à 80 TFLOPS ? Calmez-vous !
Cela fait un petit moment que nous voyons tourner les rumeurs autour des spécificités techniques de la PS6. Si nous savons que le processeur graphique sera bien conçu par AMD, le reste relève de la spéculation. Une zone d’ombre qui alimente forcément tous les fantasmes.
Nous nous disions que cela faisait un certain moment que nous n’avions pas eu quelques bruits de couloir autour de la PS6. Et puis, il y a eu cette publication de GameGPU. Dans l’article diffusé, nous lisons que la future PlayStation 6 pourrait avoir une puissance théorique assez hallucinante de 80 TFLOPS. Sur le papier, un tel chiffre fait trembler même les adorateurs du PC master race, puisqu’il dépasse les 56,3 TFLOPS annoncés pour la très attendue NVIDIA GeForce RTX 5080 !

Comme un arrière-goût de PS5 Pro
Comme le souligne TweakTown, il faut malgré tout garder la tête froide. Une analyse plus rigoureuse des spécifications supposées nous ramène les pieds sur terre. En effet, un GPU AMD RDNA 5 doté de 54 unités de calcul délivre logiquement une puissance brute estimée aux alentours de 40 TFLOPS. Ce bond en avant constituerait déjà une progression gigantesque, équivalente à plus du double des capacités de la PS5 Pro. Mais là, on parle du double, 80 TFLOPS ! Le chiffre de base a tout simplement été multiplié par deux à cause de la technologie Dual Issue, une fonctionnalité matérielle permettant d'exécuter deux instructions simultanément par cycle.
L'erreur fondamentale de certaines analyses est d'avoir comptabilisé deux fois cet effet multiplicateur : les 40 TFLOPS de base intègrent déjà la capacité du Dual Issue. En appliquant à nouveau les effets du Dual Issue, les chiffres ont été virtuellement gonflés. Cette confusion n'est d'ailleurs pas une première dans l'histoire récente des consoles de Sony. Lors du teasing et du lancement de la PS5 Pro, le même scénario s'était produit : de nombreux fans clamaient haut et fort que la machine atteindrait plus de 33 TFLOPS, alors que sa puissance réelle en calcul standard n'était que de 16,7 TFLOPS. C'est précisément la présence du Dual Issue qui avait déjà induit la communauté en erreur.

PlayStation, Xbox : la différence entre avoir une grosse puissance et bien l’utiliser
Pour l'heure, affirmer que la PS6 dépassera une carte graphique haut de gamme pour PC relève simplement du fantasme, l'ensemble de ces données n'étant fondé que sur des hypothèses évidemment non confirmées par le constructeur japonais à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Au-delà de cette bataille de chiffres parfois gonflés, une question essentielle se pose de plus en plus quant à l'avenir du jeu vidéo : la puissance brute a-t-elle encore un sens aujourd'hui, à l'ère où les technologies de suréchantillonnage par IA sont de plus en plus impressionnantes ? Face aux défis d'encadrement des coûts, il est possible que nos géants du jeu vidéo privilégient l’optimisation plutôt que la force brute.