Un nanar français des années 2000 est devenu mythique pour les mauvaises raisons. Et pour cause, quand le cinéma essaye de parler de gaming sans en maîtriser les règles, le résultat ne peut s’avérer que catastrophique pour les yeux comme pour le scénario.
Ce film qui parle de jeux vidéo est une véritable catastrophe noté 1/5 par les spectateurs
En matière d'adaptations foireuses de nos franchises préférées sur grand écran, on pensait avoir déjà touché le fond à la fin des années 90. Mais au début des années 2000, le cinéma français a réussi le tour de force de franchir un cap supplémentaire : réaliser un long-métrage directement centré sur les joueurs et l'industrie du jeu vidéo, sans en maîtriser les codes élémentaires.
Sorti au cinéma le 21 mars 2001, Gamer, réalisé par Patrick Levy (également crédité sous le pseudonyme Zak Fishman), se présentait comme une comédie ancrée dans son époque, en plein essor de la PlayStation 2.
Le récit suit Tony, incarné par Saïd Taghmaoui, un jeune homme de 22 ans pris entre petites magouilles pour le caïd local et sessions de jeu dans les salles d'arcade. Après un casse manqué qui lui vaut huit mois d'incarcération, le protagoniste profite de sa peine en prison pour concevoir le concept d'un jeu vidéo censé révolutionner le secteur. Une fois libéré, il tente de tourner la page de la délinquance pour intégrer l'industrie. Un pitch qui vire malheureusement très vite à la démonstration d'incohérences.
Comment Gamer est-il parvenu à faire pire que les mauvaises adaptations de jeux vidéo ?
Proposer une adaptation de licence sur grand écran s'avère être un exercice délicat. Vouloir traiter de l'écosystème vidéoludique sans réelle compréhension du sujet constitue un risque majeur. C'est précisément l'écueil rencontré par Gamer. Au lieu d'offrir une immersion pertinente ou un regard authentique sur la culture gaming, le métrage accumule les représentations stéréotypées.
Le projet souffre de plusieurs choix de production particulièrement discutables :
- Une progression narrative invraisemblable où un novice conçoit un titre majeur en huit mois de détention, sans la moindre notion d'apprentissage du code ou du game design.
- Des séquences d'animation en 3D particulièrement datées à l'écran, alors même que le secteur assistait la même année à l'émergence de productions majeures sur le plan visuel.
- Une distribution hétéroclite réunissant Saïd Taghmaoui, Arielle Dombasle, Julien Courbey, Bruno Salomone ainsi que Gérard Vives dans le rôle d'un comédien américain à l'accent inconsistant.
- Un placement de produit omniprésent dédié à la marque PlayStation tout au long des scènes.
La production disposait pourtant de ressources significatives : douze semaines de tournage, dont trois réalisées à Los Angeles dans les allées de l'E3, rendez-vous majeur de l'industrie à cette époque, ainsi qu'une bande originale hip-hop signée Cut Killer et DJ Abdel. Ces éléments ne parviennent cependant pas à compenser une réalisation désorientante, un ton inégal et des sous-intrigues décousues.
Pourquoi la réception critique et public du film Gamer est-elle si catastrophique ?

L'accueil en salles s'est soldé par un résultat décevant au box-office français, le métrage totalisant 77 778 entrées. Du côté de la presse spécialisée et généraliste, le film affiche une moyenne de 2,4/5 sur AlloCiné. L'accueil réservé par le public se montre nettement plus severe, avec une moyenne attribuée de 1,0/5 basée sur 188 notes et 30 critiques spectateurs.
| Presse | Spectateurs | |
| Note moyenne | 2,4/5 | 1,0/5 |
| Nombre d'avis | 7 critiques | 188 notes / 30 critiques |
Dans les retours rédigés par la communauté sur AlloCiné, les remarques soulignent fréquemment les lacunes de l'écriture et l'écart entre le sujet abordé et sa retranscription à l'écran. Un spectateur sous le pseudo Nekky Makko résume son expérience :
il n'y a rien a sauver dans ce film... ne gaspillez pas votre temps a regarder ce navet, fuyez!
Un autre avis, déposé par le membre Dawasta, pointe du doigt le traitement global du thème central :
Quand les clichés côtoient le mauvais goût, ça donne ce film de Zak Fishman (de son vrai nom Patrick Levy) qui utilise le thème du jeu vidéo comme prétexte pour attirer le jeune public .