De Star Wars Jedi: Fallen Order à Suicide Squad: Kill the Justice League en passant par Death Stranding 2: On the Beach, Debra Wilson a prêté ses traits à de nombreux personnages de jeux vidéo. Mais à 64 ans, l’actrice américaine commence à se lasser de voir son propre visage reproduit à l’écran. Une habitude des studios qu’elle remet aujourd’hui en question.
Avec sa carrière particulièrement prolifique dans le jeu vidéo, Debra Wilson est devenue un visage familier des joueurs. Pourtant, cette reconnaissance visuelle n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour l'actrice. Invitée du podcast Hyperfixated with Joseph Shepherd, elle a exprimé sa frustration face aux développeurs qui choisissent de faire ressembler leurs personnages à leurs interprètes, plutôt que de profiter des possibilités offertes par la performance capture.
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Pourquoi Debra Wilson ne veut plus voir son visage dans les jeux vidéo ?
Debra Wilson ne reproche pas aux studios de lui confier trop de rôles, bien au contraire. Ce qui la dérange, c'est leur tendance à reproduire ses traits physiques sur les personnages qu'elle incarne. Une décision qui revient, selon elle, aux concepteurs des jeux et qui limite les possibilités de transformation offertes aux comédiens. Car pour l'actrice, jouer un personnage ne devrait pas nécessairement signifier lui ressembler.
Elle prend notamment l'exemple de Callisto, qu'elle incarne dans Marvel's Wolverine. Ce personnage de l'univers X-Men existe depuis plusieurs décennies et a connu de nombreuses représentations dans les comics. Alors pourquoi, s'interroge-t-elle, choisir de lui donner précisément son apparence ? Debra Wilson estime qu'un personnage possédant déjà une identité visuelle aussi riche n'a aucune raison de reprendre automatiquement les traits de son interprète.
Crédits : Rocksteady Studios

Et Callisto est loin d'être un cas isolé. Les joueurs ont également pu reconnaître l'actrice derrière Amanda Waller dans Suicide Squad: Kill the Justice League ou Grace Walker dans Wolfenstein II: The New Colossus. À force de retrouver son visage d'un univers à l'autre, Debra Wilson regrette que des personnages pourtant très différents finissent par partager une même apparence familière.
« Autant faire du théâtre » : ce que l'actrice reproche aux studios
Cette frustration ne signifie pas que Debra Wilson renie ses personnages. Elle se dit au contraire reconnaissante d'avoir pu interpréter Amanda Waller à trois reprises, mais qu'une seule de ces incarnations reprend véritablement son apparence. C'est précisément cette diversité qu'elle aimerait retrouver davantage dans les productions vidéoludiques.
L'actrice explique ainsi préférer les rôles dans lesquels elle devient physiquement méconnaissable. Elle évoque notamment des personnages d'origine européenne, auxquels elle a prêté des accents suédois, russes ou slaves. Autant d'expériences qu'elle a particulièrement appréciées, puisqu'elles lui permettaient de s'éloigner de sa propre identité pour construire quelqu'un de complètement différent.
Crédits : Respawn Entertainment

Selon elle, lorsque les développeurs choisissent de reproduire son visage, l'expérience se rapproche finalement d'une représentation théâtrale. Or, si elle doit conserver son apparence habituelle, pourquoi ne pas simplement monter sur scène ? La performance capture, qui consiste à enregistrer les mouvements et les expressions des acteurs pour animer des personnages numériques, permet justement d'aller beaucoup plus loin.
La « performance capture » devrait permettre toutes les transformations
Debra Wilson insiste sur un point : un personnage n'a pas besoin de lui ressembler pour porter sa performance. Même lorsque son apparence change complètement, ce sont toujours ses mouvements, son langage corporel et son énergie qui donnent vie au personnage. Elle reste donc pleinement présente dans son interprétation, sans que les joueurs aient nécessairement à reconnaître son visage.
C'est cette liberté de transformation qu'elle aimerait voir davantage exploitée. Dans un jeu vidéo, un comédien peut théoriquement incarner des personnages aux morphologies, aux origines et aux apparences radicalement différentes des siennes. Pour Debra Wilson, reproduire systématiquement les traits des acteurs revient à se priver d'une partie de ce potentiel créatif.
Crédits : Kojima Production

Son coup de gueule ne vise donc pas la technologie elle-même, ni les rôles qu'on lui propose, mais les choix visuels des studios. Après avoir incarné tant de personnages reconnaissables, l'actrice aimerait désormais pouvoir disparaître derrière eux. Et surtout, que les développeurs cessent de considérer son visage comme un élément indispensable de ses performances.