Quentin Tarantino est une véritable encyclopédie vivante du septième art. Pourtant, il refuse obstinément de poser les yeux sur un chef-d’œuvre culte des années 1980. Voici lequel et pourquoi.
Au-delà de ses propres chefs-d’œuvre cultes comme "Pulp Fiction", "Kill Bill" ou "Inglourious Basterds", Quentin Tarantino est réputé pour avoir vu à peu près tout ce que le septième art a produit sur cette planète. Pourtant, la réalité est un peu plus nuancée. Si l’ancien employé de vidéo-club adore truffer ses films d’hommages cinéphiles et disserter sans fin sur ses coups de cœur au fil d’interviews et de podcasts, il existe une poignée de longs-métrages auxquels Tarantino refuse obstinément de toucher.
Les avis bien tranchés de Tarantino
S’il a lui-même du mal à expliquer pourquoi il n’a jamais posé les yeux sur un classique absolu d’Hollywood, pourtant détenteur d’un record au box-office américain, il assume en revanche totalement son boycott de "Eyes Wide Shut", l’ultime film testament de Stanley Kubrick. La raison ? Tout le monde lui répétait en boucle qu’il devait absolument le voir… alors, par pure provocation et esprit de contradiction, il a juré de ne jamais le lancer. Dans un tout autre registre, Tarantino fait l’impasse sur "Toy Story 4" de Pixar, puisque pour lui, l’arc narratif s’achevait à la perfection avec le troisième volet et il refuse de gâcher cette fin qu'il juge idéale. Et puis, il y a un film culte de 1982 pour lequel le réalisateur s’est montré particulièrement cash : "The Wall" de Pink Floyd !
Mis en scène par Alan Parker ("Angel Heart"), ce drame musical n’est autre que l’adaptation sur grand écran du célébrissime album-concept éponyme du groupe de rock britannique Pink Floyd, sorti trois ans plus tôt. Le long-métrage s’affranchit presque totalement des dialogues traditionnels pour illustrer les morceaux de l’album à travers des visions surréalistes et de sublimes séquences d’animation. On y suit la dérive de Pink (incarné par Bob Geldof), une rockstar désabusée et hantée par ses traumatismes d’enfance, qui s’enferme progressivement derrière un mur imaginaire et sombre peu à peu dans la folie.
Le film que Tarantino refuse de regarder
Dans la critique de nos confrères de FILMSTARTS, le film récolte un impressionnant 4,5 sur 5, salué comme un « chef-d’œuvre visuel et atmosphérique captivant, où image et son fusionnent pour former une œuvre d’art totale », tout en restant « tout simplement époustouflant » des décennies après sa sortie. Pas de quoi émouvoir Quentin Tarantino pour autant. Selon des propos rapportés par le média britannique Far Out Magazine , le cinéaste s’était montré d’une franchise brutale :
« Je préférerais manger du fil de fer barbelé plutôt que de regarder “The Wall”. Je n’ai absolument aucune envie d’écouter l’album, et aucune envie de regarder le film. Je ne suis tout simplement pas fan. C’est le genre de truc qui m’est totalement indifférent. Je ne dis même pas de mal du film, vu que je ne l’ai pas vu. Je n’ai juste aucun besoin de le découvrir, d’accord ? Je ne le descends pas, il ne m’intéresse tout simplement pas. Et je n’ai aucun complexe à le dire, car le film a largement assez de fans. Il n’a pas besoin de moi. »
Pour quelqu’un qui prétend n’avoir aucun scrupule, Quentin Tarantino passe tout de même beaucoup de temps à se justifier, et lâcher qu’on préférerait avaler des barbelés plutôt que de regarder un film ne ressemble pas franchement à de la pure "indifférence zen". Mais c’est du Tarantino tout craché : le bonhomme adore les outrances verbales et n’hésite jamais à sortir l’artillerie lourde, en bien comme en mal. Une chose est sûre : le message est passé, il ne posera jamais les yeux sur "The Wall".